Le miracle de notre temps

Le miracle de notre temps

2.1.1 : Évitons les amalgames

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Selon les 3 principales religions monothéistes que sont le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam, Dieu nous aurait informé de notre but sur cette terre par le biais de révélations. Et puisque nous parlons ici de ces trois religions, il est important tout d’abord de clarifier un point important. Il ne faut jamais faire l’amalgame entre les enseignements d’une religion et les actions de certaines personnes. En effet, toute personne qui commet un acte au nom du Judaïsme, du Christianisme ou de l’Islam n’agit pas nécessairement en conformité avec sa religion.

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Par exemple, ces trois religions condamnent fermement tout acte de terrorisme, c’est-à-dire des actes meurtriers commis sur des innocents. Par conséquent :

  • Il ne faut pas confondre les actes des organisations terroristes juives (par exemple Brit HaKanaim ou le groupe TNT) avec les enseignements du Judaïsme.
  • Idem, il ne faut pas confondre les actes des organisations terroristes chrétiennes (par exemple le Ku Klux Klan ou la LRA) avec les enseignements du Christianisme.
  • Et il ne faut pas confondre les actes des organisations terroristes musulmanes (par exemple Al Qaida, Boko Haram ou Daesh) avec les enseignements de l’Islam.

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Et puisque l’on parle de nos jours plus souvent dans les médias des organisations terroristes musulmanes, pour que cela soit bien clair que ces différentes organisations n’agissent pas en conformité avec les enseignements de l’Islam, voici une parole du grand moufti (ministre des affaires religieuses) d’Arabie Saoudite, Abdelaziz Ali Cheikh, datant de 2014 :

Les notions d’extrémisme, de radicalisme et de terrorisme n’appartiennent aucunement à l’Islam, mais sont, au contraire, les premiers ennemis de l’Islam et les musulmans sont leurs premières victimes, comme nous pouvons le voir avec les crimes du soi-disant État islamique (le groupe Daesh), d’Al-Qaîda et les groupes qui leur sont affiliés.

Grand moufti d’Arabie Saoudite Abdelaziz Al-Sheikh 19 Août 2014.

Le 17 septembre 2014, le comité des grands savants d’Arabie Saoudite, qui regroupe les plus grands imams du royaume d’Arabie Saoudite, déclara dans un communiqué officiel :

Le terrorisme est un crime haineux, une injustice et une agression qui est rejeté par la loi islamique.

Avis juridique du Comité des grands savants d’Arabie Saoudite 17 septembre 2014.

2.1.2 : La notion de prophètes

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Ceci étant dit, ces trois religions pensent donc que Dieu nous aurait informé de notre but sur cette terre par le biais de révélations. Une révélation par définition est un message que Dieu fait parvenir à un être humain qui est chargé ensuite de le transmettre aux autres. Pour le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam, Dieu aurait donc fait parvenir des révélations à certains êtres humains à travers l’Histoire pour qu’ils puissent ensuite nous les communiquer.

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Autrement dit, Dieu aurait choisi des êtres humains à travers l’Histoire pour communiquer Son message. Ces êtres humains sont ce qu’on appelle des messagers de Dieu, c’est-à-dire des prophètes qui auraient reçu une révélation de la part de Dieu afin de nous la transmettre par la suite. Alors, si Dieu a réellement transmis Son message aux êtres humains par le biais de révélations faites à des prophètes, n’est-il pas raisonnable d’en avoir une preuve évidente ?

Car comment pourrait-on croire qu’un homme est un prophète sans preuves claires et évidentes ? De même, comment pourrait-on croire qu’un livre saint est la parole de Dieu sans preuves claires et évidentes ?


2.1.3 : La notion de miracle

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En réponse à ces questions, ces trois religions estiment que Dieu aurait permis à ces messagers de faire des miracles afin de prouver qu’ils étaient bien envoyés pour transmettre Son message. Par exemple, Moïse, par la permission de Dieu, transforma un bâton en serpent et sépara la mer Rouge en deux. Les personnes qui ont donc été témoins de ces miracles pouvaient facilement reconnaître que Moïse était bel et bien un messager de Dieu.

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Une question se pose alors : Et nous qui vivons aujourd’hui au 21e siècle, pourquoi n’avons-nous pas eu le privilège d’être témoins de ces miracles ? La réponse est relativement simple : Car chaque messager, selon ces trois religions, a été envoyé par Dieu à des peuples spécifiques. En effet, Moïse par exemple, fut envoyé uniquement aux fils d’Israël, Israël étant un autre nom du prophète Jacob, l’un des petits-fils d’Abraham.

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Par conséquent, le message que Dieu a révélé à Moïse ainsi que les miracles qu’il a accompli étaient destinés uniquement aux fils d’Israël et à personne d’autre. Du coup, nous n’avons pas besoin d’avoir été des témoins directs de ces miracles étant donné que Moïse n’a pas été envoyé pour nous. Mais alors, si Dieu a envoyé des messagers à des peuples spécifiques, n’est-il pas raisonnable que l’un d’entre eux ait été envoyé pour nous, les gens du 21e siècle ? Et donc, si Dieu nous a envoyé un messager, n’est-il pas raisonnable que nous puissions être témoins de son miracle encore aujourd’hui ?


2.1.4 : Notre messager et notre miracle

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Selon le judaïsme, aucun messager n’a été envoyé pour nous qui vivons aujourd’hui.
Selon le christianisme, Dieu aurait envoyé Jésus pour toute l’humanité jusqu’à la fin des temps. En revanche, cette revendication est très questionnable, car elle contredit une parole de Jésus claire et explicite qui se trouve dans le Nouveau Testament. En effet, dans l’évangile de Matthieu, il est rapporté que Jésus a dit :

Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël.

Nouveau Testament Évangile de Matthieu, chapitre 15, verset 24.

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D’après les commentaires du Nouveau Testament, l’expression “les brebis perdues de la maison d’Israël” se réfère au peuple juif descendant du prophète Israël. Jésus mentionne donc ici clairement qu’il n’a été envoyé uniquement qu’aux peuples juifs descendants du prophète Jacob. D’ailleurs, à en croire de nouveau le Nouveau Testament, les apôtres de Jésus eux aussi ont prêché le message uniquement aux Juifs. Toujours dans l’évangile de Matthieu, Jésus dit à ses apôtres avant de les envoyer en mission :

N’allez pas chez les gens qui ne sont pas juifs et n’entrez pas dans les villes des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël.

Nouveau Testament Évangile de Matthieu, chapitre 10, versets 5-6.

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Donc, si Jésus a été envoyé pour toute l’humanité, pourquoi ses apôtres, selon le Nouveau Testament, prêchaient-ils le message de Jésus uniquement aux Juifs ?

Le théologien Jerald Dirks, diplômé dans les sciences du Christianisme de la faculté des religions de l’université d’Harvard (la Harvard Divinity School), dit à ce sujet :

De nombreux savants des premiers siècles du christianisme reconnaissent que les apôtres de Jésus ont prêché uniquement le message aux descendants d’Israël. Ils font même référence à l’église de Jérusalem des apôtres de Jésus comme étant une église judéo-chrétienne. Cette tradition judéo-chrétienne a même continué jusqu’à la destruction du temple de Jérusalem en l’an 70 après Jésus-Christ. De nombreuses dénominations chrétiennes, comme les ébionites, les nazôréens et les elkasaïtes, représentent cette tradition judéo-chrétienne.

Jerald Dirks Lecture : from Jesus to Muhammad, a history of early christianity.

Enfin, selon l’islam, le prophète que Dieu nous aurait envoyé est le prophète Mohammed. En effet, il existe une parole très claire et authentique du prophète Mohammed qui a dit, selon la traduction du sens :

Les autres prophètes n’étaient envoyés qu’à leurs peuples respectifs, tandis que moi j’ai été envoyé à l’humanité tout entière.

Prophète Mohammed Authentique d’Al-Boukhari, Narration N°335.

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Et bien que les Occidentaux l’appellent Mahomet, son vrai nom est en réalité Mohammed, donc c’est ce nom que nous allons utiliser par la suite. Si le prophète Mohammed a donc bel et bien été envoyé à l’humanité tout entière, alors cela implique nécessairement deux choses :
Premièrement, cela implique que le prophète Mohammed a été envoyé pour nous qui vivons actuellement au 21e siècle.

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Deuxièmement, s’il a été envoyé pour nous, alors n’est-il pas raisonnable de pouvoir être témoins encore aujourd’hui d’un de ses miracles, afin d’avoir une preuve qu’il est bien un vrai messager ? Alors, si Mohammed est bien le messager de Dieu qui a été envoyé pour nous, quel est donc son miracle dont on pourrait être aujourd’hui témoin afin de vérifier cette allégation ?

Son miracle, d’après ses dires, n’est rien d’autre que le Coran, qu’il qualifie de révélation divine. En effet, il a été rapporté authentiquement que le prophète Mohammed a dit, d’après la traduction du sens :

Aucun prophète n’a été envoyé par Dieu sans avoir reçu des miracles, dont le but est d’amener les êtres humains à croire. Quant à moi, j’ai reçu comme miracle une révélation divine que Dieu m’a révélé (Le Coran).

Prophète Mohammed Authentique d’Al-Boukhari, Narration N°4981.

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Selon les musulmans, le Coran serait la dernière révélation de Dieu à l’humanité qui fut révélé au prophète Mohammed en langue arabe. D’après l’histoire islamique, Dieu révéla le Coran au prophète Mohammed par l’intermédiaire de l’ange Gabriel au 7e siècle de notre ère. Le fait que le Coran soit un miracle est un fait intéressant, car le Coran peut être lu et vu aujourd’hui par tout le monde. Dès lors, il ne doit pas être difficile de déterminer s’il s’agit d’un miracle ou non. Mais alors en quoi le Coran pourrait-il être un miracle ?


2.1.5 : Le challenge du Coran

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Un miracle par définition est un événement qui se situe en dehors de la capacité productive de la nature. Donc si le Coran est un miracle, cela signifie qu’aucun être humain ou qu’aucune chose présente dans la nature serait capable de produire un Coran semblable.
Cela est intéressant, car le Coran invite justement tous les sceptiques à essayer de produire un Coran similaire, s’ils veulent prouver que le Coran ne provient pas de Dieu :

S’ils disent : “C’est cet homme (Mohammed) qui l’a inventé”, réponds-leur : “Composez donc une seule sourate semblable à celles de ce Livre, et faites-vous aider, pour ce faire, de qui vous voudrez en dehors de Dieu, si vous détenez réellement la Vérité”.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 38 de la sourate N°10 ‘Jonas’

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Le Coran défie donc n’importe quelle personne qui doute que le Coran soit la parole de Dieu de produire une sourate similaire (un chapitre du Coran est appelé ‘une sourate’ qui est un ensemble de versets. Le Coran comprends 114 sourates, la plus petite comporte 3 versets, la plus longue 286 versets). Ce défi a bien entendu pour but de prouver que le Coran est bien un miracle. Car si le Coran provient d’un être humain, n’est-il pas raisonnable de penser qu’un autre être humain doit être capable de produire un Coran semblable ?

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Ce défi a d’abord été de produire une révélation entière comme le Coran, puis ensuite seulement dix versets puis en définitive une seule sourate similaire au Coran. Et selon les interprétations des savants de l’islam, produire une sourate semblable signifie principalement produire une sourate imitant les caractéristiques linguistiques du Coran (style, éloquence et forme littéraire). Pour discréditer le Coran comme étant un miracle, il suffit donc de produire une seule sourate comme le Coran, c’est-à-dire ayant les mêmes caractéristiques linguistiques qu’une sourate du Coran, en sachant que la plus petite sourate du Coran compte seulement trois petits versets.

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Ce défi se juge donc objectivement et non subjectivement, car il a un rapport principalement avec les attributs linguistiques du Coran, et non uniquement la beauté des sens des versets. Les outils nécessaires pour relever ce défi sont les règles grammaticales de l’Arabe et les vingt-huit lettres qui composent la langue arabe. Le scientifique Gary Miller commente au sujet de ce challenge en disant :

Une approche scientifique du Coran est possible, car le Coran propose ici quelque chose qui n’est pas proposé par les autres livres religieux d’une manière générale. Les religions n’offrent pas cela. Et pourtant, les scientifiques le demandent. Laissez-moi vous expliquer : de nos jours, il y a un nombre incalculable de personnes qui ont des théories au sujet du fonctionnement de l’univers et ces théories se trouvent partout. Mais la communauté scientifique ne leur prête même pas attention. Pourquoi ? Car depuis le siècle dernier, la communauté scientifique demande une chose. Elle nous dit pour vulgariser que “si vous avez une théorie, alors ne nous ennuyez pas avec à moins que vous n’enmeniez avec cette théorie un moyen de prouver que vous avez tort : un test de falsification. Autrement ne nous ennuyez pas”. (…) Eh bien, c’est ce que le Coran possède : un test de falsification.

Gary Miller Lecture : The amazing Qur’an.

2.1.6 : Le contexte du challenge

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Pour bien comprendre ce défi, il est crucial tout d’abord de comprendre le contexte historique dans lequel fut révélé le Coran. À cette époque, les Arabes attachaient beaucoup d’importance à la poésie, la littérature et la rhétorique. Chaque année par exemple, ils organisaient des concours de poésie et un statut social important était accordé aux personnes qui maîtrisaient cet art.

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Ils avaient aussi l’habitude de se féliciter entre eux uniquement lors de trois occasions : Lors de la naissance d’un garçon, d’un accouchement d’une jument, et lorsqu’un poète émergeait parmi eux. Chaque fois qu’un poète émergeait dans une tribu arabe, d’autres tribus venaient les féliciter et des fêtes étaient préparées. Tout le monde se réjouissait alors de la bonne nouvelle. Certains ont dit que la poésie constituait la plus grande discipline des Arabes.

Le polygraphe persan Ibn Qoutayba déclara par exemple que les Arabes de l’époque préislamique considéraient la poésie comme étant “le trésor de leurs connaissances”, “le livre de leurs sagesses” ou encore “l’archive de leur Histoire”. L’orientaliste français Claude-Étienne Savary dit à ce sujet :

Les poètes jouissaient de la plus haute considération en Arabie. Leurs meilleurs ouvrages étaient affichés sur la porte du temple de La Mecque et étaient ainsi exposés au regard du public. Les poèmes qui au jugement des connaisseurs remportaient la palme étaient immortalisés.

Claude-Étienne Savary Préface de sa traduction du Saint Coran.

C’est donc durant cette époque, lorsque les Arabes avaient atteint le summum dans l’art de la littérature et de la poésie, que la révélation du Coran eut lieu. L’orientaliste allemand Navid Kermani dit à ce propos :

Mohammed a grandi dans un monde qui vénérait presque religieusement l’expression poétique.

Navid Kermani The Blackwell Companion to the Qur’an, Édité par Andrew Rippin, p.108.

Les historiens et linguistes jusqu’à ce jour reconnaissent que les Arabes à cette époque se considéraient comme les maîtres de la langue arabe. De plus, la majeure partie des plus grands poètes arabes de toute l’Histoire ont vécu à cette époque. En sachant cela, n’est-il pas raisonnable de penser que les meilleurs prétendants pour relever le défi du Coran étaient les poètes contemporains du prophète Mohammed ?


2.1.7 : les meilleurs poètes face au challenge

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Parmi eux, citons par exemple Labid ibn Rabia, dont le nom figure dans le dictionnaire de la littérature des éditions Larousse. Selon l’orientaliste français Claude-Étienne Savary, “Sa réputation et le mérite de ses poèmes écartaient les concurrents”. Connu pour avoir écrit l’un des plus beaux poèmes arabes de l’Histoire, poème qui a été traduit de nos jours en plusieurs langues, Labid ibn Rabia était donc un bon candidat pour relever le défi. Alors que s’est-il passé ? L’écrivain Arthur Wollaston résume cela en disant :

Le défi du Coran a été accepté et un poème écrit par Labid ibn Rabia, l’un des plus grands esprits de l’Arabie, a été fixé sur la porte du temple à La Mecque. Cet honneur est accordé uniquement aux meilleurs poèmes et d’ailleurs les autres poètes n’ont pas osé proposer un poème pouvant rivaliser avec celui-ci. Mais ensuite, on plaça à côté quelques extraits du deuxième chapitre du Coran et lorsque Labid ibn Rabia lui-même, qui était alors un idolâtre, lu les premiers versets, il fut fasciné d’admiration et se convertit sur le coup et déclara que de tels mots ne pouvaient que provenir d’une personne inspirée.

Arthur Wollaston The Sword of Islam, chapitre 10, p.254.

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Tel fut l’impact que le style littéraire du Coran eut sur l’un des plus grands poètes arabes de toute l’histoire. Ayant lu seulement quelques versets, il comprit tout de suite que cela provenait d’une source surnaturelle, car le style littéraire du Coran ne ressemblait en rien à ceux que pouvaient formuler les êtres humains. C’est pourquoi lorsqu’Anis Al-Ghiffari, un autre poète de l’époque, entendu pour la première fois les paroles du Coran, il affirma :

J’ai entendu Mohammed ordonner de belles vertus et dire des paroles qui n’ont rien à voir avec la poésie. J’ai entendu les devins parler, mais il ne parle pas comme eux. En outre, j’ai comparé ce qu’il dit avec la poésie, et je jure par Dieu que cela n’a rien de comparable.

Anis Al-Ghiffari Rapporté par l’imam du 14ème siècle Ismaïl ibn Kathir dans sa biographie du prophète Mohammed.

Otba ibn Rabi’a, l’un des plus grands experts en art divinatoire et poétique de l’époque, arriva à des conclusions similaires. Après avoir entendu le prophète Mohammed réciter le début de la sourate N°41 intitulée “Foussilate” (Les Versets détaillés), il déclara :

Je jure par Dieu que je viens d’entendre des paroles que je n’ai jamais entendues auparavant. Ce n’est ni de la poésie ni de la divination !

Otba ibn Rabi’a Rapporté par l’imam du 14ème siècle Ismaïl ibn Kathir dans sa biographie du prophète Mohammed.

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Un autre grand poète contemporain du prophète Mohammed était un homme appelé Walid ibn Al-Moughira. Il est considéré, selon certains historiens, comme l’un des poètes de référence à cette époque. Étant chef d’une des tribus les plus renommées, il était aussi une personne très influente et l’un des principaux leaders de la ville de La Mecque. Lorsqu’il entendit pour la première fois le Coran récité par le prophète Mohammed, il fut stupéfait et déclara :

Je jure par Dieu que je viens d’entendre des paroles de Mohammed qui ne sont ni des paroles d’êtres humains, ni des paroles d’esprits. Ce sont des paroles sucrées et douces, comme le plus grand fruit d’un arbre poussant sur un sol riche. Rien ne peut l’atteindre.

Walid ibn Al-Moughira Rapporté par l’imam du 14ème siècle Ismaïl ibn Kathir dans sa biographie du prophète Mohammed.

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En lisant ces témoignages des plus grands poètes de l’époque, on remarque qu’ils étaient unanimes pour dire que le style littéraire du Coran ne ressemblait pas à celui utilisé par les êtres humains ou les sorciers. Il ne serait donc pas surprenant d’apprendre qu’aucune source historique n’a mentionné qu’ils ont réussi le challenge. En effet, soit ils ont reconnu indirectement leur incapacité, soit ils se sont convertis à l’islam.

Selon certains historiens, le fait que l’Islam a eu un impact considérable et a continué à s’implanter est une preuve que personne à l’époque n’a pu relever le défi. L’orientaliste allemand Navid Kermani dit à ce propos :

De toute évidence, le prophète a réussi dans ce conflit avec les poètes, sinon l’Islam ne se serait pas répandu comme une traînée de poudre.

Navid Kermani The Blackwell Companion to the Qur’an, Édité par Andrew Rippin, p.110.

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Si le défi avait été relevé par quelqu’un, alors cela aurait discrédité le Coran comme étant la parole de Dieu et prouvé que Mohammed était un faux prophète. Donc si cela avait été le cas, n’est-il pas raisonnable de penser que l’Islam se serait éteint ? Si le Coran était la parole de Mohammed ou d’un être humain, comment se fait-il alors que pas une seule personne à son époque n’ait pu relever le défi ? L’historien écossais Hamilton Gibb dit à ce sujet :

Comme tous les Arabes, ils étaient connaisseurs de la langue et de la rhétorique. Eh bien, si le Coran était sa propre composition, d’autres hommes auraient pu rivaliser avec elle. Qu’ils produisent donc dix versets similaires. S’ils ne le pouvaient pas, et il est évident qu’ils ne le pouvaient pas, alors laissez-les accepter le Coran comme un miracle exceptionnel évident.

Hamilton Gibb Islam: An Historical Survey, The Koran.

Si dans l’âge d’or de l’éloquence arabe, où le langage avait atteint l’apogée de sa pureté et sa force, où les Arabes se considéraient comme des maîtres du langage, les plus grands poètes n’ont pas réussi le challenge, alors serait-il surprenant d’apprendre que le défi n’a toujours pas été relevé jusqu’à aujourd’hui ?


2.1.8 : le défi jusqu’à nos jours

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Si les meilleurs candidats pour relever le défi ne l’ont pas réussi, n’est-il pas raisonnable de penser qu’il soit très improbable qu’une autre personne ait réussi le défi par la suite ? L’éminent traducteur et orientaliste britannique Forster Fitzgerald Arbuthnot, faisait d’ailleurs remarquer vers la fin du 19e siècle que les témoignages historiques à ce sujet démontraient que le défi n’avait toujours pas été réussi :

On dit que dans certains cas, les grammairiens ont adapté leurs règles afin de concorder avec certaines phrases et expressions utilisées dans le Coran, et que bien que plusieurs tentatives aient été faites pour produire un travail d’un style aussi élégant que celui-là, aucune n’a abouti.

Forster Fitzgerald Arbuthnot The Construction of the Bible and the Koran, p.5.

En effet, si l’on regarde les archives historiques jusqu’à nos jours, les tentatives réalisées pour relever le défi du Coran sont loin d’être concluantes.

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L’une des premières personnes à essayer fut un chef de tribu appelé Mousaïlima ibn Thimama, un contemporain du prophète Mohammed. Bien que n’étant pas considéré comme un grand poète, il essaya d’imiter le Coran et prétendit lui aussi être un prophète recevant des révélations. Un jour, il présenta l’une de ses prétendues révélations et imitations du Coran à un homme appelé Amr ibn Al-As. Ce qu’entendit Amr ibn Al-As était tellement incomparable avec le Coran qu’Amr lui répondit :

Par Dieu, en vérité, tu sais que je sais que tu es un menteur.

Amr ibn Al’As Rapporté par Ibn Kathîr dans son commentaire du Saint Coran, Sourate ‘Le Temps’.

Un peu plus tard, au 8e siècle, certaines sources historiques rapportent que le prosateur et écrivain arabe Ibn Al-Muqaffa, dont le nom figure dans le dictionnaire mondial des littératures des éditions Larousse, essaya lui aussi de relever le défi. L’historien autrichien et expert en langue arabe Gustave von Grunebaum dit à ce sujet :

Lorsque Ibn Al-Muqaffa arriva aux versets 42 à 46 de la sourate 11, il se rendit compte qu’il était impossible pour tout être humain d’égaler ce livre. Ainsi, il renonça à son imitation et déchira ce qu’il avait fait.

Gustave Grunebaum A Tenth-Century Document Of Arabic Literary Theory and Criticism, p.14.

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Environ à la même période, on rapporte que Yahya Al Ghazal, l’un des plus grands poètes d’Andalousie, essaya lui aussi. L’historien arabe du 17e siècle Ahmad al Maqqary, auteur d’une encyclopédie historique sur l’Andalousie, déclare par exemple qu’il a essayé de rivaliser avec la sourate N°112 intitulé “Al-Ikhlas” (Le monothéisme pur), l’une des plus importantes sourates du Coran. Selon Al Maqqary, Yahya Al Ghazal n’a pas pu terminer sa tentative d’imitation car :

Il fut pris par une peur et un frisson terrible quand il essaya d’entreprendre cette tâche.

Ahmad al Maqqary Kitab Nafh al-tib min gusn al-Andalus, Vol.1, p.633

Aux 10e et 11e siècles, certains laissent penser que les poètes Sahib ibn ‘Abbad et Abul’ALa Al-Marri auraient, eux aussi, essayé, bien qu’on ne peut pas en être totalement sûr.

  • Quant à Sahib Ibn’Abbad, l’historien Gustave von Grunebaum rapporte que le style de ses compositions a été jugé inférieur à celui du Coran par un Juif d’Iran.
  • Quant à Abul’Ala Al-Marri, certains historiens estiment qu’il a écrit son livre “Al-Fusul wa al-ghayat” dans le but de relever le défi du Coran. Néanmoins, le style littéraire de son livre est incomparable avec celui du Coran, car il est écrit dans un tout autre style, comme le confirme l’orientaliste allemand du 20e siècle Rudolf Paret.

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De nos jours, une tentative a été faite par des missionnaires chrétiens en 1999 avec un livre écrit en Arabe intitulé “The True Furqan” (Le vrai discernement). Les analyses effectuées par les linguistes démontrent en revanche que le défi n’a pas été relevé, car la forme littéraire du livre est de la prose rimée ce qui diffère de la forme unique du Coran. De plus, certaines sources rapportent que les auteurs du livre ont en partie plagié les versets du Coran pour ensuite les modifier afin de donner l’impression d’imiter le Coran. Le théologien Philippe Bonte dit d’ailleurs à ce sujet :

On dit que le livre “The True Furqan” serait une imitation très laborieuse du Coran car les auteurs auraient simplement réarrangé des versets du Coran en y introduisant des nouveaux mots pour que le message soit conforme à la doctrine chrétienne.

Philippe Bonte Témoignage personnel donné pour le livre Raisonne.

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Lorsque l’on survole les archives historiques depuis la révélation du Coran jusqu’à nos jours, nous constatons que les tentatives effectuées pour relever le défi du Coran n’ont pas abouti.
Interrogée sur ce sujet, l’islamologue allemande Angelika Neuwirth déclara que “Personne n’a réussi, cela est juste” pour finir en disant :

Je pense vraiment que le Coran a même mis les chercheurs occidentaux dans l’embarras, car ils ne sont pas en mesure d’expliquer comment tout à coup dans un environnement où il n’y avait pas de texte écrit appréciable, est apparu le Coran avec la richesse de ses idées et ses magnifiques formulations.

Angelika Neuwirth Extrait d’une interview, audio disponible prochainement dans le film.

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Une autre indication qui laisse penser que le défi du Coran n’a toujours pas été relevé est le fait que le Coran est toujours considéré comme un texte saint et sacré n’ayant pas d’égal. Car si le défi avait été relevé, n’est-il pas raisonnable de penser que le Coran aurait perdu son statut de texte sacré à part entière ? l’islamologue canadien Andrew Rippin dit à ce sujet :

Les musulmans ne pensent clairement pas que le défi a été relevé étant donné que le Coran maintient toujours son statut inégalé en tant qu’Écriture sainte.

Andrew Rippin Réponse donnée à un journaliste concernant le challenge du Coran, 6 mai 2015.

2.1.9 : la sureté de l’auteur

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Le fait que les preuves historiques démontrent que le défi n’a pas été relevé est intéressant, car l’auteur du Coran mentionne justement que personne n’y arrivera. En effet, l’auteur du Coran mentionne à propos du défi que :

Certes, vous n’y parviendrez jamais.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 24 de la sourate N°2 ‘La Vache’.

Ce défi de produire un chapitre identique surprend donc d’autant plus lorsque l’on voit à quel point l’auteur est sûr de lui. Beaucoup sont surpris par cette attitude orgueilleuse, car ce n’est généralement pas l’attitude naturelle d’un être humain. Car comment imaginer qu’un être humain puisse prendre le risque de se ridiculiser en disant que son livre est si parfait à tel point que personne ne parviendra jamais à écrire un chapitre semblable ?

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Est-ce là l’attitude naturelle d’un être humain ? N’est-il pas plutôt raisonnable qu’une telle attitude provienne de Dieu ? Car l’orgueil de Dieu n’est-il pas légitime étant donné que toute la création Lui appartient et qu’Il est au-dessus de tout ? Si un être humain est l’auteur du Coran, pourquoi prendre un tel risque de défier toute l’humanité ? Le Coran va même plus loin en disant par exemple, d’après la traduction du sens du verset :

Dis-leur : “Si les hommes et les djinns* se concertaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient y parvenir, même s’ils se prêtaient mutuellement assistance.“

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 88 de la sourate N°17 ‘Le voyage nocturne’.
*D’après l’Islam, les Djinns (littéralement : Génies) se réfèrent à une autre création que Dieu a créé. Les non-musulmans emploient généralement le terme “fantôme” ou encore “esprit” mais en Islam, les Djinns ne sont pas les esprits de personnes décédées mais constituent des créatures à part entière vivant sur terre et que les êtres humains ne peuvent pas voir.

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L’auteur mentionne donc que même si tous les êtres humains et les Djinns s’unissaient en s’aidant les uns des autres, ils ne parviendraient pas à produire une œuvre semblable. Alors si l’auteur du Coran est un être humain, pourquoi prendre un tel risque en sachant qu’il va nécessairement perdre son défi ? Car comment un être humain pourrait-il réaliser ce que tous les autres êtres humains en s’aidant les uns des autres ne pourraient pas faire ? N’est-ce donc pas là encore une autre indication raisonnable laissant penser que le Coran ne provient pas d’un être humain ?

De plus, si le défi du Coran n’a pas été relevé, la prophétie du Coran stipulant que “Certes, vous n’y parviendrez jamais” ne sait donc t-elle pas réalisée ? Car si en plus de 1 400 ans le défi n’a toujours pas été relevé, et que les meilleurs candidats n’ont pas réussi, n’est-ce pas déraisonnable de penser que le défi sera relevé dans le futur ? Le célèbre savant musulman et exégète (commentateur) du Coran, Ismaïl ibn kathir dit à ce sujet :

Ceci représente un autre miracle, car Dieu a clairement indiqué ici sans aucun doute que le Coran ne sera jamais opposé ou réfuté par quelque chose de similaire à lui, et cela pour l’éternité. C’est une affirmation véridique qui n’a pas été modifiée jusqu’à ce jour et qui ne changera jamais.

Ismail ibn kathir Commentaire du Saint Coran d’Ibn Kathir, Sourate 2, verset 23.

2.1.10 : la forme littéraire du Coran

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Si le défi du Coran n’a toujours pas été relevé, alors il serait intéressant de se demander pourquoi. “Comment est-ce possible que le défi du Coran n’ait toujours pas été relevé ?” diront certains. Afin de bien comprendre pourquoi, il nous faut tout d’abord analyser brièvement la forme littéraire du Coran. Le Coran a été révélé en langue arabe, qui est l’une des trois langues sémites avec l’araméen et l’hébreu. La langue arabe compte quant à elle trois formes littéraires :

  • La prose, qui est elle-même divisée en deux sous-catégories :
    Le Saj, qui correspond à une prose rimée.
    Le Moursal, qui correspond à une prose normale, c’est-à-dire au langage que nous utilisons tous les jours.
  • La poésie arabe, qui ne comporte pas de sous-catégories, mais qui peut être composée de 16 différents modèles rythmiques.
  • Une combinaison de prose et de poésie que l’on appelle “Maqamah”.

En sachant cela, qu’en est-il de la forme littéraire du Coran ?  Dans son article “L’islam, la religion mal comprise”, l’écrivain américain James Michener déclare au sujet du Coran :

Moins long que le Nouveau Testament et écrit avec un style exalté, ce n’est ni de la poésie, ni de la prose ordinaire et malgré tout, il possède la capacité à éveiller ses auditeurs aux extases de la foi.

James Michener Islam: The Misunderstood Religion, Reader’s Digest, Mai 1955.

Le style du Coran n’est en effet ni de la prose ordinaire ni de la poésie.

  • Le Coran n’est pas de la prose ordinaire (Moursal) car son style est éloquent et contient des rythmes et des rimes et Il n’est pas non plus de la poésie, car l’intégralité de chaque sourate ne se conforme à aucune des 16 sous-catégories de la poésie arabe.
  • Le style du Coran n’est pas pour autant de la prose rimée (Saj) car sa rhétorique est différente, sa structure est différente et il a une plus grande tendance à utiliser des monorimes.
  • Enfin, le style du Coran n’est pas non plus un mélange de prose et de poésie (Maqamah) car il utilise un entremêlement unique entre la prose et la poésie. Le linguiste et orientaliste anglais Arthur John Arberry confirme cela lorsqu’il dit :

    Le Coran n’est ni de la prose ni de la poésie mais une unique fusion des deux.

    Arthur John Arberry The Koran, p.10.

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Cette unique fusion entre un style poétique et non poétique s’effectue d’une manière si harmonieuse, que la personne qui lit le Coran passe de la prose à la poésie sans s’en rendre compte car le style et mode de composition du Coran restent inchangés. Il est donc quasiment impossible pour le lecteur de discerner si le style du Coran est de la prose ou de la poésie, comme dans le cas où il y aurait un mélange des deux. De plus, malgré cette unique fusion de différentes formes littéraires, l’expression du style coranique est constamment fluide et cela n’a aucun impact sur le sens des versets.

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Pour résumé, la forme littéraire du Coran n’est donc ni de la prose normale (Moursal), ni du Saj (prose rimée), n’appartient pas à l’un des 16 modèles rythmiques de la poésie arabe, et n’est pas un mélange de poésie ni de prose (Maqamah). N’est-il donc pas raisonnable de conclure que la forme littéraire du Coran est unique ?

L’auteur français Jean Béraud-Villars dit à ce sujet :

Quant au style du Coran, c’est de l’avis des croyants comme des profanes quelque chose d’exceptionnel et même d’unique dans la littérature arabe. Il n’obéit pas aux règles très strictes de la prosodie arabe, qui était déjà parfaitement fixée à l’époque de Mohammed, mais il n’est pas pour autant écrit en prose.

Jean Béraud-Villars L’Islam d’hier et de toujours, p.40.

L’orientaliste écossais Hamilton Gibb dit quant à lui :

En tant que monument littéraire, le Coran est un cas isolé, une production unique dans la littérature arabe n’ayant pas de précurseurs ni de successeurs dans son propre idiome.

Hamilton Gibb. Arabic Literature : An Introduction, p.36.

Alors si le Coran n’appartient à aucune forme littéraire connue, qu’est-ce que c’est ? Les linguistes du monde entier qui ont étudié le Coran, qu’ils soient musulmans ou non, contemporains ou passés, sont arrivés à différentes conclusions.

  • Certains, pour expliquer le style littéraire du Coran, ont prétendu qu’il s’agissait d’une fusion entre toutes les formes littéraires.
  • D’autres ont prétendu qu’il s’agissait d’une forme unique de prose rimée (Saj) qu’ils ont qualifié de “prose rimée coranique” (Saj coranique).
  • D’autres encore ont estimé qu’il s’agissait d’une poésie unique.
  • Enfin, et cet avis est sans doute le plus juste, certains ont dit que le style coranique constituait sa propre forme littéraire à part entière que l’on appelle “Coran”.

Quoi qu’il en soit, ces différentes conclusions démontrent que la forme littéraire du Coran est unique. La célèbre historienne des religions Karen Armstrong déclara d’ailleurs au sujet du style coranique :

C’est comme si Mohammed avait créé une toute nouvelle forme littéraire dont certaines personnes ne s’y attendaient pas, mais qui en a captivé d’autres. Sans cette expérience du Coran, il est extrêmement peu probable que l’Islam aurait émergé.

Karen Armstrong A History Of God, p.364.

2.1.11 : inimitable

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Si la forme littéraire du Coran ne peut pas être comparée aux différentes formes littéraires employées par l’être humain, on comprend mieux pourquoi personne n’a jusqu’à aujourd’hui réussi à relever le défi. Car pour relever le défi du Coran, il faut donc composer une sourate dont la forme littéraire ne soit ni de la prose (rimée ou normale), ni l’une des 16 catégories de poésie et ni un mélange de poésie et de prose.

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Pour mieux comprendre, imaginez un architecte en train d’essayer de construire un bâtiment en quatre dimensions. Va-t-il réussir ou non ? Il est évident que non car l’être humain est seulement capable de construire des bâtiments allant jusqu’à la 3e dimension. Eh bien, de même, le langage et l’élocution de l’être humain tombent automatiquement dans des catégories de prose, de poésie ou bien dans un mélange des deux. Donc étant donné que le Coran ne tombe dans aucune de ses catégories ou sous catégories, n’est-il pas raisonnable que personne ne soit capable d’imiter la forme littéraire du Coran ? Ainsi, n’est-il pas raisonnable de penser que le Coran est donc inimitable ?

Le traducteur français René Khawam dit dans sa préface de sa traduction du Coran :

Que le contact de nos lecteurs avec ce texte soit serein et enrichissant. C’est le premier chef-d’œuvre inimitable, en langue arabe, répétons-le.

René Khawam Traduction du Coran, p.11.

Le professeur de lettres Fernand Comte dit quant à lui au sujet du Coran :

Ses qualités inimitables ne font pas l’ombre d’un doute.

Fernand Comte les livres sacrés, p.120.

L’écrivain Jean-Marc de Foville dit quant à lui :

Sur le plan littéraire, l’avis est unanime, le Coran est une grande réussite. Ses détracteurs les plus agressifs reconnaissent l’étonnante beauté et la poésie inimitable de son style. C’est le monument fondateur de la langue arabe et le modèle constant de tous les grands génies qui s’exprimeront dans cette langue.

Jean-Marc de Foville Comprendre les religions, Chapitre sur le Coran.

Pour faire simple, il est possible de déduire l’inimitabilité du Coran par la déduction suivante :

  • N’importe quelle expression de la langue arabe tombe nécessairement dans de la prose, de la poésie, ou dans un mélange de prose et de poésie.
  • La prose et la poésie se situent à l’intérieur de la capacité productive de la nature.
  • Le Coran est unique et sa forme littéraire ne tombe dans aucune des formes connues de la langue arabe.
  • Par conséquent, le Coran se situe à l’extérieur de la capacité productive de la nature.

2.1.12 : le coran comme un miracle

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Alors si le Coran est inimitable car il se situe à l’extérieur de la capacité productive de la nature, qu’est-ce que cela implique-t-il ? N’avons-nous pas vu précédemment qu’un miracle se définissait comme une chose ou un événement se situant à l’extérieur de la capacité productive de la nature ?

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Autrement dit, un miracle se définit aussi par une intervention surnaturelle qui intervient dans le domaine naturel en bouleversant sa logique et ses lois. Dans le cas de la langue arabe, nous savons que la loi naturelle stipule que l’expression verbale tombe nécessairement dans de la prose ou de la poésie ou un mélange des deux. Cependant, le Coran bouleverse cette loi, car son style est unique et sa forme littéraire ne tombe ni dans la prose, la poésie, ou un mélange des deux. Si le Coran transcende donc les lois naturelles, n’est-ce donc pas par définition un miracle ? L’écrivain Marcel André Boisard dit au sujet du Coran :

Il demeure, de nos jours encore, le type inimitable et transcendant de la lettre arabe.

Marcel André Boisard L’humanisme de l’Islam, p.52.

Le révérend Reginald Bosworth Smith dit quant à lui :

Le Coran était le seul miracle revendiqué par Mohammed, son miracle éternel comme il l’appelle. Et c’est en effet un miracle.

R. Bosworth Smith Mohammed And Mohammedanism, p.237.

Jean Grosjean, dans sa préface de la traduction du Coran de l’orientaliste française Denise Masson (traduction qui s’appelle d’ailleurs Essai d’interprétation du Coran inimitable), dit :

Le texte coranique est un sacrement : il apporte la grâce de le croire. Sa naissance fut miracle. Est-ce qu’un traducteur peut refaire un miracle ?

Jean Grosjean Préface de la traduction du Saint Coran de Denise Masson, p.9.

2.1.13 : petit resumé

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En résumé de ce début de deuxième chapitre, nous avons donc vu que :

  • Selon les trois grandes religions monothéistes (Judaïsme, Christianisme et Islam), Dieu nous aurait transmis Son message en faisant des révélations à des prophètes.
  • Dieu aurait permis à ces prophètes de réaliser des miracles afin de prouver aux êtres humains que ces prophètes apportent bien la parole de Dieu.
  • Chaque prophète aurait été envoyé à un peuple spécifique et le seul ayant dit qu’il est envoyé pour nous vivant aujourd’hui est le prophète Mohammed.
  • Si le prophète Mohammed a été envoyé pour nous, alors nous devrions logiquement pouvoir être témoin de son miracle.
  • Son miracle, d’après ses dires, est la révélation que Dieu lui a transmise : Le Coran
  • Un miracle par définition se situe en dehors de la capacité productive de la nature.
  • Le Coran est bien un miracle, car il se situe bien en dehors de la capacité productive de la nature, étant donné que son style est inimitable, car il transcende les lois naturelles, et que personne n’a réussi à relever le défi de produire une seule sourate semblable.

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Si le Coran est donc bien un miracle, tout le monde peut y être témoin aujourd’hui. Par conséquent, n’avons-nous pas dans le Coran une preuve que Mohammed était bien un prophète ?
Dans le Dictionnaire de L’Islam écrit par quatre islamologues occidentaux (Christian Cannuyer, Peter Heine, Ludwig Hagemann et Adel Theodor Khoury), on peut lire :

L’incapacité de l’homme à rédiger un récit analogue au Coran prouve que celui-ci est la parole de Dieu. Son inimitabilité est le miracle qui authentifie la mission prophétique de Mohammed.

Dictionnaire de L’Islam Importance du Coran, p.100.

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En effet, le fait que personne ne soit capable de produire une révélation comparable au Coran n’est-il pas une preuve que le Coran est la parole de Dieu ? Car n’est-il pas raisonnable que les paroles du Créateur soient différentes des paroles des créatures ?

Ismaïl ibn Kathir déclare dans son exégèse (commentaire) du Coran :

Comment pourrait-on être en mesure de produire quelque chose comme le Coran alors que le Coran est la parole de Dieu qui a tout créé ? Comment les mots des créatures pourraient-ils être similaires aux mots du Créateur ?

Ismaïl ibn Kathir Commentaire du Saint Coran d’Ibn Kathir, Sourate La Vache, Verset 24.

L’historien Philip Hitti disait quant à lui :

Le style de Coran est le style de Dieu. Il est différent, incomparable et inimitable. C’est ce qui constitue dans le fond le “caractère miraculeux” du Coran. De tous les miracles, c’est le plus grand. Si tous les êtres humains et les djinns s’unissaient, ils ne pourraient pas produire une œuvre similaire (sourate 17, verset 90). Face à ceux qui le critiquaient, le prophète fut autorisé à leur lancer un défi de produire une œuvre similaire (sourate 10, verset 39). Le challenge a été entrepris par plus d’un expert en littérature arabe avec une conclusion prévisible.

Philip K. Hitti The First Book, Aramco World, Novembre/Décembre 1970.

2.1.14 : Les miracles selont les peuples

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Si le miracle du Coran est en rapport avec l’art de la littérature, ce n’est pas par hasard. En effet, si l’on regarde les miracles qui ont été attribués à quelques-uns des plus grands prophètes, on constate qu’ils ont tous un rapport avec la science dans laquelle excellait le peuple envers qui le prophète était envoyé.

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Par exemple, au temps de Moïse, la science dont le peuple excellait était la magie. Ils étaient experts dans la magie d’illusion, car ils arrivaient par exemple à donner l’illusion qu’un bâton bougeait comme un serpent. Par conséquent, Dieu a permis à Moïse de faire des miracles qui transcendent complètement la magie, comme le fait de transformer réellement un bâton en serpent, ce qui est au-delà de la capacité de la magie. Ainsi, le peuple de Moïse pouvait clairement distinguer qu’il s’agissait là d’un miracle.

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Idem, au temps de Jésus, la science dont le peuple excellait était la médecine. Par conséquent, Dieu a permis à Jésus de faire des miracles ayant un lien avec cette science. Ainsi, Jésus pouvait, par la permission de Dieu, guérir les aveugles nés ou ressusciter les morts, ce qui est au-delà de la capacité de la médecine. Ainsi, le peuple de Jésus pouvait clairement distinguer qu’il s’agissait là d’un miracle.

De la même manière, à l’époque où l’éloquence et l’art de la littérature étaient à son apogée en Arabie, Dieu a octroyé au prophète Mohammed un miracle de cette même nature. Ainsi, étant donné que le peuple de Mohammed connaissait mieux cette science du langage que quiconque, ils pouvaient clairement distinguer qu’il s’agissait là d’un miracle. Tout cela est bien résumé par le célèbre polygraphe Ibn Qoutayba lorsqu’il dit :

Dieu envoie les miracles qui sont les plus appropriés pour l’époque dans laquelle les prophètes sont envoyés. Ainsi, Moïse a eu le pouvoir de diviser la mer avec ses mains et son bâton, de faire surgir une source d’eau d’un rocher en plein désert et tous ses autres miracles à l’époque de la magie. Jésus, quant à lui, a eu le pouvoir de ressusciter les morts, de créer des oiseaux à partir d’argile, de guérir les aveugles nés ainsi que les lépreux et tous ses autres miracles à l’époque de la médecine. Et ensuite Mohammed a reçu le livre dont personne n’est capable d’imiter, même si les êtres humains et les djinns s’unissaient ensemble, et tous ses autres miracles, à l’époque de l’éloquence.

Ibn Qoutayba Kitab Ta’wil Mushkil Al-Qur’an, p.10.

2.1.15 : Le plus grand chef d’oeuvre

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Ce qui rend pour les musulmans le miracle du Coran encore plus évident est le fait que le prophète Mohammed n’était pas un poète. Il n’était pas connu pour maîtriser l’art de la rhétorique ni pour participer aux concours de poésie organisés par la société dans laquelle il vivait. Par conséquent, il n’était pas connu pour réciter des poèmes ni pour réciter quoi que ce soit. C’était un homme illettré qui ne savait ni lire ni écrire. D’ailleurs, le Coran dit à ce sujet :

Cela n’est pas la parole d’un poète, mais vous ne croyez que très peu.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 41 de la Sourate N°69 ‘L’inéluctable’.

Avant le Coran, tu ne récitais aucun livre ni n’en écrivais aucun de ta main droite. Sans quoi, les négateurs auraient trouvé argument pour douter de l’authenticité du Coran.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 48 de la sourate N°29 ‘L’araignée’.

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Malgré tout, nous avons donc cet homme illettré qui, du jour au lendemain, se met à réciter des versets qui transcendent la rhétorique des orateurs les plus éloquents. D’un style unique et inimitable, ces versets vont ensuite former le Coran qui deviendra le plus grand chef-d’œuvre de la littérature arabe de tous les temps. Le professeur Martin Zammit, expert dans les langues sémitiques, déclara par exemple au sujet du Coran :

Malgré l’excellence linguistique de certains poèmes préislamiques, le Coran est assurément d’un autre niveau unique, qui le classe comme étant la manifestation écrite la plus remarquable du langage arabe.

Martin R.Zammit A Comparative Lexical Study of Qur’anic Arabic, p.37.

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De la pureté de son style à l’élégance de son élocution, il est couramment admis que le Coran est incontestablement le plus grand chef d’œuvre de la littérature arabe. Nous savons cela, car nous pouvons comparer les œuvres littéraires préislamiques et modernes avec le Coran. Le médecin français Maurice Bucaille par exemple, après avoir étudié la langue arabe à L’Institut national des langues et civilisations orientales à Paris, déclara :

Au début de la troisième année d’études, les étudiants connaissent assez bien la langue arabe pour être capable de lire certaines parties du Coran qui ne sont pas très difficiles à comprendre comme la plupart des passages de la sourate “Al-Baqarah” (La Vache) par exemple, et en même temps l’arabe moderne. Nous pouvions donc comparer l’arabe du Coran avec l’arabe moderne. Cette comparaison était une excellente chose pour nous de faire afin de ressentir que le langage du Coran, car nous étions capables de ressentir cela, était incomparable avec l’arabe moderne.

Maurice Bucaille Interview avec des scientifiques

Le grand imam et savant musulman, Abdelrahman ibn Nasir As Sa’di, déclare dans son exégèse du Coran :

Quiconque possède un minimum de connaissances dans les fondements de la littérature, va, en comparant les versets coraniques avec la littérature humaine, immédiatement s’apercevoir de la grande différence entre les deux.

Imam Abdelrahman ibn Nasir As-Sadi Commentaire du Saint Coran d’As-Sa’di, Sourate 2, verset 23.

2.1.16 : les qualités littéraires incroyables du Coran

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Si le Coran est le plus grand chef d’œuvre de la littérature arabe, ce n’est pas pour rien. Car son style, en plus d’être inimitable, se caractérise par une rhétorique magnifique et concise. Par exemple, le Coran présente une fréquence inégalée de figures de style, surpassant tout autre texte arabe, classique ou moderne.

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Qualifié d’océan de figures de style, le Coran contient des hyperboles, des antithèses, des assonances, des homonymies, des allitérations, des chiasmes, des asyndètes, des hyperboles, des antiphrases, des polyptotes, des analogies, des cadences et beaucoup d’autres figures de style. La plus petite sourate du Coran par exemple, qui compte seulement trois versets et moins de 10 mots, possède plus de 15 figures de style. Le professeur de lettres Fernand Comte dit au sujet du Coran :

Inimitable et miraculeux, il est la référence absolue de l’œuvre littéraire et a imposé à l’univers musulman depuis l’Europe jusqu’à l’Asie la langue dans laquelle il est écrit et les canons de sa beauté littéraire.

Fernand Comte Les livres sacrés, p.120.

Le Coran est aussi extrêmement précis dans le choix des mots qu’il utilise. Un petit nombre de mots dans le Coran englobent de nombreuses significations, sans les rendre compliquées ou les laisser floues.

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Le message coranique quant à lui est véhiculé via une combinaison unique d’éléments rhétoriques et cohésifs. Autrement dit, la manière dont les sens des versets du Coran sont transmis et dont les phrases se combinent est unique. Résultat, le message coranique est véhiculé d’une manière extrêmement efficace, car cette unique combinaison rend l’objectif de communication très performant. En effet, elle captive le lecteur, car elle produit sur lui un effet très persuasif. L’écrivain et évêque Kenneth Cragg disait d’ailleurs à ce sujet :

Un grand nombre d’être humain, afin d’être convaincus ou guidés face à la réalité du monde moderne, auront besoin d’être guidés et convaincus d’une manière coranique.

Kenneth Cragg The Event of the Qur’an, p. 23.

Les rimes du style coranique possèdent quant à elles une force expressive et une énergie explosive, qui ne pourront jamais être retranscrites dans une traduction littérale. C’est pourquoi Claude-Étienne Savary, qui est l’une des premières personnes à avoir traduit le Coran en Français, déclara :

En lisant sa traduction, on ne s’imaginerait jamais que le Coran est le chef-d’œuvre de la langue arabe, féconde en grands écrivains.

Claude-Étienne Savary Préface de la traduction du Saint Coran de Claude-Étienne Savary.

Un autre traducteur du Coran, en anglais cette fois, Arthur John Arberry, déclara quant à lui :

En faisant la présente tentative d’améliorer la performance de mes prédécesseurs, et de produire une traduction qui pourrait être acceptée comme pouvant retranscrire un tant soit peu la rhétorique sublime du Coran arabe, j’ai eu vraiment du mal à étudier les rythmes complexes et richement variés qui, en dehors du message lui-même, font que le Coran se classe indéniablement parmi les plus grands chefs-d’œuvre littéraires de l’humanité.

Arthur John Arberry The Koran Interpreted, Introduction, Oxford, 1955.

2.1.17 : L’impact du sens des versets

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Rajoutons à tout ceci le sens, la fluidité et la subtilité des versets du Coran, auxquels s’ajoute la mélodie unique avec laquelle le Coran est récité. Tout cela crée un impact incroyable sur le lecteur ou sur celui qui entend la récitation du Coran. Jubayr ibn Mut’im par exemple, un idolâtre au temps du prophète Mohammed, explique l’impact que le Coran a eu sur lui en disant :

J’ai entendu le prophète récité la sourate appelée At-Tur durant l’une des prières du soir et lorsqu’il est arrivé à ces versets : “Ont-ils été créés par un pur hasard ou sont-ils eux-mêmes leurs propres créateurs ? Ont-ils créé les Cieux et la Terre ? Bien sûr que non, mais ils refusent de se rendre à l’évidence. Détiendraient-ils les trésors de ton Seigneur, ou se prendraient-ils pour les souverains de l’Univers ?”, lorsqu’il a récité ces versets, j’ai cru que mon cœur allait s’envoler.

Jubayr ibn Mut’im Authentique d’Al-Boukhari, Narration N°4854.

Le professeur de philosophie et écrivain Olivier Leaman dit au sujet des versets du Coran :

Les versets du Coran représentent sa singularité et sa beauté, sans parler de sa nouveauté et de son originalité. Voilà pourquoi le Coran a réussi à convaincre beaucoup de gens de sa vérité. Il imite rien ni personne et ne peut pas non plus être imité. Son style ne faiblit pas, même après de longues périodes d’étude, et le texte ne perd pas sa fraîcheur au fil du temps.

Olivier Leaman The Qur’an : an encyclopedia, p.404.

À ce stade, on comprend mieux maintenant pourquoi en seulement 23 ans, le Coran a eu le pouvoir de créer une révolution spirituelle, politique, sociale, économique, psychologique, morale, éthique, et commerciale. Grâce à lui, des tribus de pauvres Bédouins dans le désert se sont transformées en quelques années en une nation de héros capable de défier les plus grandes puissances du monde.

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Aucun autre livre dans toute l’histoire de l’humanité n’a eu la capacité à produire une telle révolution en une si courte période de temps. Aujourd’hui, son influence continue de s’accroître aux quatre coins du monde en guidant la vie de milliards d’individus de toutes nationalités. En effet, le Coran a produit la plus grande religion de pratiquant au monde avec presque deux milliards de fidèles aujourd’hui. Le Coran serait peut-être aussi le livre le plus lu dans le monde et sans aucun doute le plus récité. L’écrivain américain James Michener déclare à ce sujet :

Le Coran est probablement le livre le plus souvent lu dans le monde, certainement le livre le plus souvent mémorisé et peut-être le livre le plus influent dans la vie des gens qui y croient.

James Michener Islam: The Misunderstood Religion, Reader’s Digest, Mai 1955.

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En conclusion, comment un homme ne sachant ni lire ni écrire, n’ayant pas appris l’art de l’éloquence ni de la rhétorique, peut, du jour au lendemain, produire le plus grand chef-d’œuvre de la littérature arabe avec un style inimitable qui transcende les lois de la nature, et dont aucun être humain n’est capable d’égaler ? N’est-il pas raisonnable que le Coran soit donc bien un miracle et, par conséquent, la preuve que Mohammed est bien un prophète ?

Car lorsqu’une personne nous apporte un livre avec de telles qualités, qui inspire tant de respect et de douceur dans les cœurs, qui a obtenu un tel succès dans le temps et qu’en même temps, cette personne est illettrée et n’a jamais appris l’art de la poésie ou de la rhétorique, n’est-il pas raisonnable de penser que ce livre est sans aucun doute l’un des signes de sa prophétie ?


2.1.18 : La préservation du Coran

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De plus, si le Coran est le miracle qui nous est destiné, donné par Dieu au dernier des prophètes, Mohammed, qui a été envoyé à toute l’humanité, n’est-il pas raisonnable que ce miracle ait été préservé de toute altération ? Autrement dit, si le Coran est la dernière révélation de Dieu, n’est-il pas raisonnable de penser que son message doit avoir été préservé intact ? Car si ce message coranique est destiné à toute l’humanité jusqu’à la fin du monde, comment Dieu pourrait-il laisser Son message se faire corrompre par les Hommes ?

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De plus, si le Coran n’est pas préservé, comment pourrait-on être certain qu’il s’agit de la parole de Dieu à 100% ? Par conséquent, n’est-il pas raisonnable de penser qu’il se doit de ne pas avoir été changé ou corrompu à travers le temps ? Alors est-ce que le Coran que nous avons aujourd’hui est bien celui de l’époque de la révélation ? Maurice Bucaille dit à ce propos :

Une question qui m’a été posée un jour était la suivante : “Êtes-vous sûr que le texte du Coran que nous avons aujourd’hui est le même texte de l’époque ?” Je leur ai répondu : “Allez voir à la librairie nationale et vous verrez d’anciens manuscrits du texte du Coran, car nous possédons à Paris des manuscrits du Coran datant du 8e siècle de l’ère chrétienne, et ensuite vous pourrez comparer le texte de cette époque et le texte qui est répandu aujourd’hui”.

Maurice Bucaille Interview avec des scientifiques

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En effet, un bon moyen de savoir si le Coran a été préservé ou non est de regarder les manuscrits anciens du Coran qui sont à notre disposition aujourd’hui. Maurice Bucaille est d’avis que le Coran a bien été préservé dans son intégralité, raison pour laquelle il conseilla à la personne qui lui posa la question de regarder les manuscrits afin qu’elle puisse vérifier par elle-même. L’orientaliste Alphonse Mingana déclare au sujet des manuscrits coraniques d’Europe :

Il y a dans les bibliothèques publiques en Europe de nombreux manuscrits coraniques de la grande antiquité, le plus ancien datant probablement du second siècle islamique, mais en dehors de quelques anomalies dans l’orthographe, dues au caractère rudimentaire du début de l’orthographe arabe, aucune véritable différence ne peut être détectée en eux.

Alphonse Mingana Encyclopaedia of Religions and Ethics, vol.10, p. 549.

2.1.19 : Les plus anciens manuscrits

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En plus de ces manuscrits d’Europe du 8e siècle dont fait allusion Maurice Bucaille, il existe aujourd’hui de nombreux manuscrits du Coran datant du 1er siècle de l’islam qui correspond au 7e siècle et au début du 8e siècle après J.C. Pour vérifier si le Coran que nous avons aujourd’hui est le même qu’à l’époque de sa révélation, il est donc nécessaire de regarder les plus anciens et les plus complets des manuscrits du Coran.

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Parmi eux, il y a celui conservé au musée Topkapi à Istanbul en Turquie. Ce manuscrit est composé de 408 pages écrits sur du papier vélin et contient plus de 99% du texte du Coran. Après comparaisons avec le Coran actuel, les musulmans et non musulmans sont unanimes pour dire qu’il n’y a aucune différence avec le Coran actuel. Même les chapitres sont dans le même ordre que le Coran d’aujourd’hui.

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Idem avec un manuscrit de 80 kg conservé à la mosquée Al Hussein au Caire en Égypte. Daté de la fin du 1er siècle islamique, il figure aussi parmi les plus anciens et les plus complets manuscrits du Coran. Il est composé de 1087 pages et contient, lui aussi, plus de 99% du texte du Coran. Là encore, aucune différence avec les copies modernes du Coran.
Quant au plus ancien manuscrit du Coran que nous possédons, il a été retrouvé dans la ville de Sanaa au Yémen. Il date de la période d’un des compagnons du prophète : Outhman ibn Affane qui fut le 3e calife de l’Islam. L’étude de ce manuscrit a été faite par l’allemand Gerd Puin, spécialiste dans l’étude des manuscrits arabes. Dans une lettre adressée à l’un des représentants du Yémen, Gerd Puin déclare :

La chose essentielle, Gloire à Dieu, est que ces fragments coraniques du Yémen ne diffèrent pas avec ceux que l’on trouve dans les librairies et les musées autre part, à l’exception de détails qui ne touchent pas au texte du Coran lui-même, mais qui sont des différences dans la manière dont certains mots se prononcent.

Gerd Puin Lettre adressée à Ismail al-Akwa, Revue Ath-Thauna, 11 mars 1999.

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D’après Gerd Puin, ce manuscrit est donc lui aussi identique au Coran actuel. Quant aux différences de prononciation de certains mots dont mentionne Gerd Puin, non seulement elles n’influent pas sur le texte, mais en plus ce phénomène n’a rien d’anormal. Car le terme “Coran” en arabe signifie littéralement “Récitation”, ce qui explique pourquoi le Coran se récite oralement.

Et d’après l’histoire islamique, l’ange Gabriel aurait révélé au prophète Mohammed plusieurs manières de réciter le Coran afin de faciliter sa récitation auprès des Arabes qui possédaient plusieurs dialectes. Le texte du Coran dans son intégralité reste donc le même, mais suivant les récitations, certains mots se prononcent différemment. Le professeur de droit français Louis Milliot dit à ce sujet :

La certitude (yakin) que le Coran a été transmis tel quel dans le texte adopté est acquise par de nombreux et irréfutables témoignages (tawatur). Les sept manières de le lire n’en modifient pas le sens. La prononciation seule varie, pour des subtilités orthographiques.

Louis Milliot Introduction à l’étude du droit musulman, p.104.

2.1.20 : Préservations orales

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Les preuves manuscrites ne sont pas les références principales pour connaître si le Coran a bien été préservé. Car étant donné que le Coran est une récitation, l’ange Gabriel ne l’a pas révélé sous forme écrite, mais sous forme orale. Par conséquent, le prophète Mohammed a appris le Coran par cœur directement de l’ange Gabriel et l’a ensuite transmis oralement à ses compagnons, qui eux-mêmes l’ont transmis à leurs successeurs et ainsi de suite. Le Coran s’est donc transmis oralement au fil des générations et cela continue jusqu’à aujourd’hui. Dans un article encyclopédique écrit par trois professeurs d’études religieuses, on peut lire à ce sujet :

Pour les musulmans, le Coran est beaucoup plus qu’une écriture ou une littérature sacrée dans le sens occidental du terme. Son importance primordiale pour la grande majorité à travers les siècles a été dans sa forme orale, la forme dans laquelle il est apparu au début, la “récitation” (sens du mot “Coran”) récitée par Mohammed à ses compagnons sur une période de près de vingt ans. Les révélations ont été mémorisées par certains des disciples de Mohammed au cours de sa durée de vie, et ainsi, la tradition orale qui a été établie depuis, a eu une histoire continue et, à certains égards, a été indépendante et supérieure à celle du Coran écrit.

Rudi Paret, Alford T.Welch et James Douglas Pearson The Kurʾan in Muslim Life and Thought, Encyclopaedia of Islam, deuxième édition.

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C’est pourquoi aujourd’hui, les millions de personnes qui connaissent le Coran par cœur, ont appris à le réciter entièrement via une chaîne de transmission ininterrompue remontant directement au prophète Mohamed. Par exemple, ils savent qu’ils ont appris à réciter le Coran d’Intel, qui l’a appris d’Intel, qui l’a appris Intel, qui l’a appris d’Intel, etc.…jusqu’au prophète Mohamed. Le professeur d’études orientales de l’université d’Harvard William Albert Graham commente à ce sujet en disant :

Le texte coranique a été appris, lu et transmis par répétition vocale et mémorisation par des millions de musulmans incalculables pendant plus de 13 siècles d’histoire islamique.

William A.Graham Beyond the Written Word: Oral Aspects of Scripture in the History of Religion, p.79-80.

L’article encyclopédique cité ci-dessus dit quand à lui :

À travers les siècles, la tradition orale de l’ensemble du Coran a été maintenue par les récitants professionnels, tandis que tous les musulmans mémorisent des parties du Coran pour une utilisation dans les prières quotidiennes. Jusqu’à récemment, l’importance de la récitation du Coran était rarement pleinement appréciée en Occident.

Rudi Paret, Alford T.Welch et James Douglas Pearson The Kurʾan in Muslim Life and Thought, Encyclopaedia of Islam, deuxième édition.

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Cette transmission orale exceptionnelle du Coran a donc été ininterrompue depuis la révélation du Coran et aucune personne de ces chaînes de transmission n’est inconnue. Et parmi ces millions de gens vivants aujourd’hui ayant mémorisé le Coran par cœur du début jusqu’à la fin, beaucoup d’entre eux possèdent des chaînes de transmission complètement différentes les unes des autres, toutes remontant au prophète Mohamed directement. Et, pourtant, ils récitent tous le même Coran…

Cela n’est-il donc pas une preuve que le Coran a bien été préservé ? Car comment se fait-il que des personnes qui ont appris le Coran via des chaînes de transmission complètement différentes et qui vivent à divers endroits, récitent exactement le même Coran ? L’écrivain britannique Ronald Bodley disait au sujet du Coran :

Nous avons un livre contemporain, absolument unique concernant son origine et sa préservation, dont personne n’a jamais été capable de jeter un doute sérieux sur son authenticité.

Ronald Bodley The Messenger : The Life of Mohammed, p.1.

L’orientaliste anglais Stanley Edward Lane-Poole dit quant à lui :

C’est un immense mérite dans le Coran qu’il n’y a aucun doute quant à son authenticité.

Stanley Lane-Poole Préface de ‘Selections From The Kuran’ de Edward William Lane.

Compte tenu donc des preuves écrites (manuscrites) et orales (transmission orale de génération en génération), n’est-il pas raisonnable de penser que le Coran a bien été préservé de toute altération ?


2.1.21 : Le Nous

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Pour les musulmans, un autre aspect intéressant à ce sujet est que Dieu lui-même dit dans le Coran qu’Il se chargera de le préserver. D’après la traduction rapprochée du sens du verset :

C’est Nous, en vérité, qui avons révélé le Coran, et c’est Nous qui en assurons l’intégrité.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 9 de la sourate N°15 ‘Al-Hijr’.

Petite parenthèse, le “Nous” dans le verset précédent, est simplement un pluriel de respect et de majesté et non un pluriel de nombre. Il ne signifie donc pas plusieurs Dieux, mais il s’agit selon les musulmans simplement de Dieu qui emploie la 1re personne du pluriel pour exprimer Sa Grandeur, le respect et Sa majesté.

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Car en effet, l’une des caractéristiques de la langue arabe est qu’il est possible de se désigner soi-même en employant la 1re personne du pluriel “nous”. Cela est généralement utilisé pour se désigner soi-même lorsque l’on s’estime important pour marquer une notion de respect ou une glorification. Par exemple, au lieu de dire, “j’ai gagné le match”, il est possible de dire, “nous avons gagné le match”. L’IFTA, Le comité des grands savants musulmans de l’Arabie Saoudite, dit à ce sujet :

Dû aux différents styles de la langue arabe, une personne peut faire référence à elle-même soit par le pronom personnel de la 1re personne du pluriel “nous” afin de se glorifier, soit par l’emploi du pronom personnel de la 1re personne du singulier “je”, ou alors par l’emploi du pronom personnel de la 3e personne du singulier “il”. Ces trois tournures de style sont utilisées dans le Coran, car Dieu s’est adressé aux Arabes dans leur langue…

Avis juridique de Dar Al Ifta Volume 4, Introduction sur le commentaire du Coran, avis juridique N°2872.

2.1.22 : Conclusion

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Pour conclure ce chapitre, l’orientaliste Harry Gaylord Dorman Junior disait au sujet du Coran :

Lorsqu’il s’agit de défendre l’Islam, le Coran a une position primordiale. Il est la révélation littérale de Dieu, dictée à Mohammed par l’ange Gabriel, parfait dans chaque lettre. Il s’agit d’un miracle éternel qui témoigne de lui-même et de Mohammed, le prophète de Dieu. Sa qualité miraculeuse réside en partie dans son style si parfait et si élevé au point ou ni les hommes ni les djinns ne peuvent produire un seul chapitre rivalisant avec le plus petit chapitre, mais aussi en partie dans son contenu concernant ses enseignements, ses prophéties sur l’avenir, et ses informations si précises que l’illettré Mohammed n’aurait jamais pu rassembler de son propre gré.

Harry Gaylord Dorman Toward understanding Islam, p.111.

Concernant les prophéties du futur et les “informations si précises que l’illettré Mohammed n’aurait jamais pu rassembler de son propre gré”, certaines d’entre-elles seront dévoilées dans le prochain chapitre.

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