Cela ne déshonore que nous

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2.4.1 : Des fabrications malhonnêtes

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Depuis le Moyen Âge, L’islam a été sévèrement mal compris en Occident. De nombreuses distorsions et mensonges imprègnent presque tous les écrits non musulmans. L’écrivain Roger du Pasquier déclare à ce propos :

L’Occident, chrétien ou déchristianisé, n’a jamais vraiment connu l’islam. Depuis qu’ils l’ont vu apparaître sur la scène mondiale, les chrétiens n’ont cessé de le calomnier et de le vilipender pour avoir des raisons de le combattre. On a donné de lui des déformations grossières dont les traces sont demeurées dans la mentalité européenne jusqu’à ce jour.

Roger Du Pasquier Découverte de l’Islam, P.15.

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Dans ce chapitre, nous allons nous focaliser principalement sur les déformations grossières qui ont été faites au sujet du prophète Mohammed et sur le Coran. Car malheureusement aujourd’hui, beaucoup de personnes ont des notions erronées et s’imaginent qu’il s’agit de la réalité. Ils rejettent l’Islam en citant comme excuse ces fausses notions qu’ils prennent pour une réalité, sans se demander s’il s’agit d’une mauvaise compréhension de leur part ou bien si les musulmans ont des réponses à cela. L’ancien missionnaire chrétien et mathématicien Gary Miller dit à ce sujet :

L’erreur que font beaucoup de gens est qu’ils vous disent qu’ils ont étudié l’Islam tandis que dès le départ, ils ne souhaitaient pas l’Islam (ils n’avaient pas pour intention d’étudier l’Islam sincèrement et objectivement et d’accepter cette religion s’ils découvraient qu’il s’agissait de la vérité) donc dans leur approche, ils attendaient simplement de tomber sur une chose qui leur déplaise au sujet de l’Islam pour ensuite se dire : “J’ai désormais trouvé ce dont j’avais besoin, voici donc mon prétexte afin de rejeter l’Islam”. La bonne approche en revanche, est de faire comme si vous étiez à l’intérieur (comme si vous étiez musulman) et c’est d’ailleurs l’approche que j’ai prise. Car croyez-moi, il existe toutes sortes de livres qui critiquent l’Islam, mais je me suis demandé ce que les musulmans avaient à dire en réponse à ces critiques. Car s’ils existent toutes ces critiques, comment se fait-il que l’on voit des musulmans partout ? Peut-être que les musulmans ont des réponses à tout cela et en réalité ils en ont. Certaines réponses circulent même depuis 14 siècles et malgré tout les gens continuent d’utiliser les mêmes excuses.

Gary Miller Lecture : The Amazing Qur’an.

2.4.2 : Les légendes médiévales

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Les critiques au sujet du prophète Mohammed et du Coran ne datent pas d’aujourd’hui. Dès le Moyen Âge par exemple, notamment entre le 8e siècle et le 12e siècle, de nombreux mythes et fabrications mensongères sans aucun fondement circulaient autour du prophète Mohammed.

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Parmi ces fabrications mensongères sans aucun fondement, il y a par exemple le fait que le prophète Mohammed serait mort en 666. L’historienne Karen Armstrong rapporte par exemple qu’au milieu du 9e siècle, le prêtre Euloge de la ville de Cordoue en Espagne avait en sa possession une biographie de la vie du prophète dans laquelle il était dit qu’il était mort en l’an 666.

Cette allégation n’a bien entendu aucun fondement car tous les historiens sont unanimes quant au fait que le prophète Mohammed est mort plus de 30 ans avant l’an 666. Elle fut inventé par les chrétiens pour faire croire que le prophète était l’antéchrist.

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Une autre fabrication mensongère sans aucun fondement est l’invention des noms “Mahound” et “Mahomet” en remplacement du nom Mohammed. Quant au terme “Mahound” pour désigner le prophète Mohammed, il fut inventé par les poètes chrétiens du 12e siècle sans aucune preuve dans le seul but de calomnier le prophète Mohammed.

En effet, dans plusieurs poèmes écrits en ancien français comme, par exemple, “la chanson d’Antioque” ou “la chanson du chevalier au cigne”, le prophète Mohammed est appelé Mahound et est présenté comme une idole païenne adorée par les Arabes. Selon le dictionnaire anglais d’Oxford, Mahound signifie “un faux dieu”, “une idole”, “un païen” ou encore “le nom d’un diable”.

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Quand au nom “Mahomet”, beaucoup pensent qu’il est anodin car il s’agirait seulement du prénom Mohammed en dialecte de l’ancien français qui a ensuite été gardé lors du passage de l’ancien français vers le français moderne. En revanche, pour certains spécialistes comme le professeur de linguistique Michel Masson, interpréter le changement de “Mohammed” en “Mahomet” uniquement par des faits dialectaux semble hautement improbable.

En effet, le plus surprenant vient lorsque l’on examine tous les mots en ancien français dérivés du nom “Mahomet”. Voici ce que l’on retrouve dans le Dictionnaire étymologique du français, le principal dictionnaire de référence concernant l’origine des mots des langues gallo-romanes :

1) mahoumet « mauvais génie, esprit » ; maumet « satan » ; mahons « dieux païens » + « diable » (+ sic. Maumma « diable » [aussi « turc, infidèle »] ; + Mahonin « démon de la 3e hiérarchie ». Cf. aussi esp.and. mahomìa « mauvaise action »).

2) moumo « statue » ; mahomet « idole » ; mawoumet « caricature, homme de paille qu’on place à proximité de la demeure d’un homme qu’on veut ridiculiser » (+ « nuit du 1er mai » ; + m.angl. mahum « idole »).

3) mahom « lourd et grossier » ; magon « homme malpropre » + « épouvantail » (+ and. majoma « lourdaud »).

4) mahoume « compagne des loups-garous = femme de mauvaise vie ». (+ anc.fr. mahomet « favori, mignon », DAF, s.v. « Mahom », aussi mahomes).

Dictionnaire étymologique du français Rubrique Mahomet, Tome 19.

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À partir de ce constat, étant donné que les mots dérivés du nom Mahomet sont à connotations négatives, alors, il n’est pas improbable, selon Michel Masson, que le terme “Mahomet” le soit aussi. D’ailleurs, dans le dictionnaire érotique moderne d’Alfred Delvau, “le Mahomet” est l’un des noms donnés à l’organe sexuel de l’homme ! Selon le dictionnaire anglais d’Oxford, Mahomet peut prendre la même signification que Mahound, c’est-à-dire, une idole ou un diable mais aussi un monstre.

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Quoi qu’il en soit, les ennemis du prophète Mohammed à son époque avaient déjà écorché son nom afin de le rabaisser. Au lieu de l’appeler Mohammed qui signifie “Le digne de louanges”, ils l’appelaient “Modhammem” qui signifie “le digne de mépris”. Mais le prophète Mohammed, par sa grande sagesse, ne prêtait pas attention à ce genre de dérision et a déclaré d’ailleurs à ce sujet :

N’êtes vous pas surpris de voir comment Dieu détourne de moi les injures des Qourayshites et leurs malédictions ? Ils insultent et maudissent un homme qu’ils appellent “Modhammem” alors que moi je m’appelle Mohammed.

Prophète Mohammed Authentique d’Al-Boukhari, Narration N°3533.

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Une autre fabrication mensongère inventée à l’encontre du noble prophète Mohammed est une histoire qui s’est passée entre lui et les notables de son peuple. On raconte que le prophète Mohammed aurait prédit qu’une montagne allait se déplacer vers lui afin de montrer un miracle aux notables de son peuple. Mais voyant que la montagne ne bougeait pas, le prophète Mohammed aurait dit “eh bien, si la montagne ne vient pas à Mohammed, alors Mohammed va aller vers la montagne”.

Cette histoire est une pure invention qui n’a aucun fondement. Elle ne figure dans aucune source historique musulmane et la plus ancienne source historique non musulmane qui rapporte cette histoire est un livre du 17e siècle écrit par le philosophe Francis Bacon. Au chapitre 12 de son livre intitulé “Essays of Francis Bacon or Counsels, Civil and Moral”, Francis Bacon dit :

Mohammed a fait croire aux gens qu’il allait faire venir une montagne vers lui, et du haut de la montagne, il commença à faire des prières pour ses compagnons. Les gens se sont donc rassemblés ; Mohammed a ensuite ordonné à la montagne de venir vers lui à plusieurs reprises, mais quand la montagne restait immobile, il n’a jamais été embarrassé, mais a dit : “Si la montagne ne viendra pas à Mohammed, alors Mohammed ira à la montagne”.

Francis Bacon Essays of Francis Bacon or Counsels, Civil and Moral, Chapitre 12 : Of Boldness.

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Francis Bacon rapporte cette histoire inventée dans le but de montrer qu’il faut avoir de l’audace et du courage dans la vie, que, lorsque les choses ne marchent pas comme prévu, alors il ne faut jamais désespérer et adapter la situation. Cette expression “si la montagne ne viendra pas à Mohammed, alors Mohammed ira à la montagne” a même été dérivée aujourd’hui en un proverbe que l’on dit lorsque l’on souhaite adapter une situation qui a échoué. Dans le livre des proverbes du professeur de lettres Sylvie Rozé, on lit par exemple le proverbe “puisque la montagne ne vient pas à nous, il faut aller à elle”. Seul petit problème comme on l’a dit, retracer ce proverbe au prophète Mohammed n’a aucune base historique.
D’autres inventions mensongères incluent le fait que le prophète Mohammed mettait du pain dans ses oreilles pour attirer les oiseaux afin de faire croire qu’il était en train de recevoir la révélation ou bien le fait qu’il soit mort dévoré par un troupeau de porcs alors qu’il était complètement ivre. L’historien Kenneth Setton, spécialiste de l’Europe médiévale, dit à ce sujet :

Les légendes ridicules qui ont grandi en Occident concernant Mohammed constituaient le stock des prédicateurs (chrétiens), qui étaient toujours prêts à informer leur audience au sujet de l’origine du prophète et de la nature de l’Islam.

Kenneth Setton Western Hostility to Islam, p.1.

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Toutes ces fabrications mensongères sur le prophète Mohammed étaient très populaires durant le Moyen Âge, mais le sont beaucoup moins aujourd’hui, même si certaines personnes aiment les faire resurgir. De nos jours, ces inventions mensongères ont laissé place d’une manière générale à des vérités déformées, c’est-à-dire, des faits historiques authentiques, mais dont l’interprétation est incorrecte ou déformée.

Parmi elles on retrouve le fait que le prophète était un guerrier barbare et sanguinaire, car il a mené de nombreuses guerres, qu’il était antisémite dû à l’exécution des Juifs de la tribu Qouraïtha ou encore le fait que son mariage avec Aïcha relève de la pédophilie. Nous allons voir chacune d’entre elles en détails ainsi qu’un événement très souvent employé par les critiques de l’Islam pour nuire à l’image du prophète : son mariage avec Zaïneb.

Concernant le Coran, nous allons voir en détail les principales fausses notions qui sont véhiculées comme le fait que le Coran appelle au terrorisme et à la violence envers les femmes.


2.4.3 : Mohammed le guerrier barbare

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Parmi les distorsions faites au sujet du prophète Mohammed et encore répétées de nos jours, il y a par exemple le fait que le prophète Mohammed était un guerrier violent et sanguinaire.

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L’une des sources les plus anciennes qui relate cette idée est un texte chrétien datant du 7e siècle intitulé en latin “Doctrina Jacobi nuper baptizati”. (La doctrine de Jacob, nouveau baptisé). Selon l’historien Walter Emil Kaegi, il s’agirait du plus ancien texte romain faisant mention du prophète Mohammed.

Ce texte est un dialogue entre un nouveau chrétien appelé Jacob et différents juifs. Justus, l’un des intervenants à ce dialogue, déclare à un moment donné que son frère Abraham lui a rapporté avoir entendu un ancien scribe dire au sujet du prophète Mohammed :

C’est un trompeur, car depuis quand les prophètes viennent-ils avec des épées et des chars ?

Doctrina Jacobi nuper baptizati 86-87.

Un peu plus loin dans ce texte, nous pouvons aussi lire que :

Vous découvrirez rien de vrai au sujet de ce soi-disant prophète excepté de l’effusion de sangs humains.

Doctrina Jacobi nuper baptizati 86-87.

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Cette idée que Mohammed était un guerrier barbare et sanguinaire est encore énormément répandue aujourd’hui.
En 2005 par exemple, l’une des caricatures du journal danois Jyllands-Posten montre le prophète Mohammed avec une bombe dans son turban, le faisant passer ainsi pour un terroriste. Cette représentation de Mohammed comme un homme violent et barbare provient essentiellement du fait qu’il a mené de nombreuses guerres.

Mais cela discrédite-t-il pour autant son statut de prophète ? Et était-il réellement un guerrier assoiffé de sang ? Le célèbre savant de l’Islam Ibn Al Qayim, qui fut l’un des spécialistes de la biographie du prophète Mohammed, déclara qu’il n’a jamais commencé en premier une guerre contre quiconque :

Il a combattu uniquement ceux qui ont mené une guerre contre lui et qui lui ont déclaré la guerre en premier.

Ibn Al Qayim Hidayat Al-Hayara, p.29.

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Malheureusement, les nombreuses critiques de l’Islam qui essayent de faire passer le prophète Mohammed pour un guerrier violent omettent de remettre les choses dans leur contexte. Ils oublient de nous dire par exemple que ce sont les leaders polythéistes de La Mecque qui, en premier, ont eu l’intention de faire la guerre et d’exterminer toute la communauté musulmane.

Ils oublient aussi de rappeler que pendant plusieurs années, les leaders polythéistes de La Mecque ont persécuté, humilié et boycotté toute la communauté musulmane et que malgré tout, le prophète Mohammed reçu l’ordre de continuer à prêcher pacifiquement et à endurer leur mal, sans représailles.


2.4.4 : La conquête de la Mecque

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Ils oublient aussi de mentionner l’extraordinaire déroulement de la conquête de la Mecque par le prophète Mohammed et ses compagnons. Après avoir été forcé de quitter La Mecque dû aux plusieurs tentatives d’assassinat, le prophète Mohammed revint quelques années plus tard avec une armée de 10 000 hommes pour la reconquérir. En cette position de grande force, les habitants de La Mecque étaient vaincus d’avance. Le prophète Mohammed pouvait donc faire ce qu’il veut.

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Qu’auriez-vous donc fait à sa place aux personnes qui ont tué des membres de votre famille et torturés certains de vos amis ? Qu’auriez-vous donc fait à sa place aux personnes qui vous ont ridiculisées pendant des années et chassées de votre ville natale ? Eh bien, savez-vous ce qui s’est passé ?

L’écrivain britannique Godfrey Higgins donne la réponse en disant :

Mais c’est quoi ça ? N’y a-t-il donc pas de sang dans les rues ? Où sont les corps des milliers qui ont été tués sauvagement ? Les faits sont des choses difficiles à accepter. Et c’est un fait que le jour du plus grand triomphe de Mohammad sur ses ennemis était aussi le jour de sa plus grande victoire sur lui-même. Il a pardonné librement les Mecquois pour toutes les années de peine et de mépris cruel qu’ils lui avaient affligé, et a donné une amnistie à toute la population de La Mecque.

Godfrey Higgins’ Apology for Mohamed, Introduction.

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Le prophète Mohammed a en effet pardonné tout le monde pour le passé. Durant la marche vers La Mecque, l’un de ses compagnons déclara que ce jour allait être le jour du massacre, mais le prophète Mohammed lui répondit que non, ce jour allait être le jour de la miséricorde. En entrant à La Mecque, le prophète était même si humble que son front toucha presque son cheval. Le professeur Arthur Gilman dit au sujet de cette conquête :

Il est tout à son honneur [Mohammed] qu’à cette occasion, quand son ressentiment pour mauvais traitement dans le passé aurait pu naturellement l’inciter à la vengeance, il retint son armée de toute effusion de sang, et montra chaque signe d’humilité et de reconnaissance envers Dieu pour Sa bonté.

Arthur Gilman The Saracens, from the earliest times to the fall of Bagdad, p.184.

L’orientaliste écossais William Muir dit quant à lui à ce sujet :

La conduite de Mohamed pendant ​​la conquête de La Mecque a été marquée par de la générosité et de la modération. Il était en effet pour son propre intérêt de pardonner le passé, et de jeter tous ses affronts et ses blessures dans l’oubli. Mais cela requiert tout de même un grand cœur pour faire ce genre de chose.

Sir William Muir The Life of Mohammed, p.425-426.

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Cette attitude ressemble donc t-elle à celle d’un guerrier violent assoiffé de sang ? Ou est-il plutôt raisonnable de penser qu’il s’agit de l’attitude d’une personne extrêmement miséricordieuse entre les autres ?

Le Coran mentionne d’ailleurs au sujet du prophète Mohammed :

Ô Mohammed, Nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde pour l’Univers.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 107 de la Sourate N°21 ‘Les prophètes’.

Les critiques rétorquent qu’il y a quand même eu des hommes mis à mort durant la conquête de La Mecque en oubliant que ceux-ci étaient infimes et justifiables. Arthur Gilman dit à ce sujet :

Dix ou douze hommes qui avaient auparavant manifesté un esprit barbare, ont été proscrits, et parmi eux quatre furent mis à mort, mais ceci doit être considéré comme un geste extrêmement humain, par comparaison aux actes d’autres conquérants ; par comparaison par exemple à la cruauté des Croisés, qui, en 1099, ont mis 70 000 musulmans, hommes, femmes et enfants impuissants, à mort, lorsque Jérusalem tomba entre leurs mains ; ou avec celle de l’armée anglaise, combattant aussi sous la croix, qui, en l’an de grâce, 1874, brûla une capitale africaine, dans sa guerre sur la Côte d’Or.

Arthur Gilman The Saracens, from the earliest times to the fall of Bagdad, p.184-185.

2.4.5 : Les juifs de la tribu Qouraïtha

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Les critiques de l’Islam qui tentent de faire passer le prophète pour un guerrier barbare ont l’art de sortir les choses hors de leur contexte. Le philosophe français athée Michel Onfray se permet par exemple, sur un plateau télévisé à une heure de grande écoute, de dire que le prophète Mohammed a décapité 1 000 juifs lorsqu’il était à Médine :

Si l’on prend la biographie de Mohammed, il y a un nombre de crimes terribles, il y a même à un moment donné lors de la bataille du fossé 1 000 juifs qui sont égorgés, ligotés et décapités.

Michel Onfray On n’est pas couché, France 2, 17 Janvier 2015.

Michel Onfray profite de l’ignorance de ses auditeurs pour leur faire croire que le prophète Mohammed a commis un “mini holocauste” en égorgeant 1 000 juifs parce qu’ils étaient juifs. Tout le contexte est enlevé (volontairement diront certains) afin de faire passer le prophète Mohammed pour un antisémite. En revanche, lorsque l’on replace le contexte autour de cette histoire, on remarque nécessairement trois choses :

  • 1) Ces juifs n’ont pas été décapités parce qu’ils étaient juifs, mais pour ce qu’ils ont fait : un acte de trahison.
  • 2) Ce n’est pas le prophète Mohammed qui a prononcé la sentence mais Saad ibn Mou’ad, le leader de la tribu médinoise des Aws.
  • 3) Ces juifs savaient très bien qu’ils méritaient cette sentence car selon leur propre loi religieuse, la peine relative à un acte de trahison est la peine de mort. Dans l’ancien Testament, on peut lire :

    Quand vous irez attaquer une ville, vous inviterez d’abord les habitants à faire la paix. S’ils acceptent et s’ils ouvrent les portes de la ville, tous ses habitants devront travailler à votre service. Mais s’ils n’acceptent pas et préfèrent se battre, vous entourerez la ville pour la prendre. Le Seigneur votre Dieu la livrera en votre pouvoir. Alors vous tuerez tous les hommes. Vous garderez seulement comme richesses de guerre les femmes, les enfants, les animaux et tout ce qu’il y a dans la ville. Vous utiliserez librement les biens de vos ennemis, puisque le Seigneur votre Dieu vous les a donnés.

    Ancien Testament Deutéronome, Chapitre 20, Versets 10-14.

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C’est exactement ce qui s’est passé avec ces Juifs qui ont été décapités. Lorsque le prophète Mohammed est arrivé à Médine, il a fait un pacte de paix avec eux, mais par la suite, ils ont trahi ce pacte et ont décidé d’attaquer tous les musulmans. Selon leur propre loi, ils méritaient donc la mort.
Même si la sentence avait été prononçée selon l’ancien code pénal français de 1810, ces juifs auraient été décapités. L’article 75 stipule que :

Tout Français qui aura porté les armes contre la France, sera puni de mort. Ses biens seront confisqués.

Code Pénal de 1810 Article 75.

L’article 76 stipule que :

Quiconque aura pratiqué des machinations ou entretenu des intelligences avec les puissances étrangères ou leurs agents, pour les engager à commettre des hostilités ou entreprendre la guerre contre la France, ou pour leur en procurer les moyens, sera puni de mort, et ses biens seront confisqués.

Code Pénal de 1810 Article 76.

Cet article 76 pourrait exactement s’appliquer dans l’histoire de ces juifs, car non seulement ils ont rompu le pacte de paix qu’ils avaient entretenu avec les musulmans, mais en plus ils se sont alliés avec les polythéistes de La Mecque pour attaquer les musulmans. Est-il donc raisonnable d’accuser le prophète Mohammed de crimes terribles lorsque l’on replace les choses dans leur contexte ?


2.4.6 : Diffusion par l’épée

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De nos jours, il est triste de voir ce mythe du guerrier barbare être repris par certaines des plus hautes autorités religieuses au monde. En 2006, le pape Benoît XVI déclare à un interlocuteur lors d’un discours dans une université allemande :

Montre-moi donc ce que Mohammed a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son ordre de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait.

Pape Benoît XVI Discours de Ratisbonne, 12 septembre 2006.

Lorsque le pape mentionne l’ordre du prophète Mohammed de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait, il a voulu probablement faire référence à une parole authentique du prophète Mohammed dans laquelle il dit :

Il m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils témoignent que nul n’est en droit d’être adoré excepté Dieu et que Mohammad est l’envoyé de Dieu, qu’ils accomplissent la prière, et s’acquittent de l’aumône obligatoire. S’ils le font, alors ils préservent de moi leur sang et leurs biens sauf ce qui est du droit de la loi islamique, et leur sort est auprès de Dieu.

Prophète Mohammed Authentique de Mouslim, Narration N°22.

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Dans cette parole, le prophète Mohammed déclare clairement que Dieu lui a ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils acceptent le message de l’Islam. Par conséquent, les critiques de l’Islam se sont principalement fondées sur cette parole pour affirmer que le prophète Mohammed était un guerrier sanguinaire qui, comme l’a affirmé le pape Benoît XVI, a diffusé par l’épée la foi qu’il prêchait.

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En revanche, ce que le pape aurait normalement dû savoir, en tant que théologien et évêque, c’est qu’une parole peut par moment être soumise à une interprétation et un contexte particulier. Prenons un exemple qui parle au Pape avec une parole de Jésus qui figure dans le Nouveau Testament.

Dans l’évangile de Matthieu, Jésus dit :

Ne pensez pas que je suis venu apporter la paix sur la terre. Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée.

Nouveau Testament Évangile selon Matthieu, Chapitre 10, Verset 34.

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Cette parole de Jésus, selon la plupart des grands savants de l’exégèse du Nouveau Testament, est une métaphore qui signifie que Jésus est venu apporter la division entre les gens car certaines personnes croient en sa mission tandis que d’autres ne croient pas. Mais si un ignorant ne sait pas que cette parole est soumise à une interprétation particulière, ne va-t-il pas croire qu’elle signifie que Jésus est venu pour faire la guerre et créer le chaos ?

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De même, lorsqu’il lit la parole précédente du prophète Mohammed, il est nécessaire de comprendre sa bonne interprétation. Car lorsque l’on analyse la biographie du prophète Mohammed, on s’aperçoit qu’il a combattu uniquement ceux qui le combattaient et qu’il n’a jamais contraint qui que ce soit à se convertir. Le célèbre savant musulman du 14e siècle, Ibn Al Qayim, expert dans la biographie du prophète Mohammed, disait à ce sujet :

Le Prophète n’a jamais forcé la religion sur quiconque, mais il a plutôt combattu uniquement ceux qui ont mené une guerre contre lui et qui lui ont déclaré la guerre en premier. Quant à ceux qui ont fait la paix avec lui ou mené une trêve, alors il ne les a jamais combattu et il ne les a jamais contraint à entrer dans la religion.

Ibn Al Qayim Hidayat Al-Hayara, p.29-30.

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Par conséquent, lorsque le prophète Mohammed déclare que Dieu lui a ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils acceptent le message de l’Islam, “les gens” dans cette parole se réfèrent uniquement à ceux qui combattent les musulmans et non à toute l’humanité. Le grand savant de l’Islam du 14esiècle Ibn Taïmiya, déclare, en commentant cette parole du prophète Mohammed :

Cette parole fait référence au fait de combattre ceux qui nous déclarent la guerre et que Dieu nous a donc permis de combattre. Cela ne fait aucunement référence à ceux qui ont conclu une alliance avec nous (traité de paix), traité que Dieu nous ordonne de respecter.

Ibn Taïmiya Majmou’ Fatawa, Tome Ousoul Al Fiqh, 19/20.

Le Coran stipule d’ailleurs clairement d’avoir de bon rapports avec les non-musulmans qui ne nuisent pas aux musulmans en les combattant :

Dieu ne vous défend pas d’être bons et équitables envers ceux qui ne vous attaquent pas pour votre religion et qui ne vous expulsent pas de vos foyers. Dieu aime ceux qui sont équitables.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 8 de la sourate N°60 ‘l’Éprouvée’.

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De plus, et nous en avons déjà parlé dans le chapitre précédent, cette notion comme quoi l’Islam se serait répandu avec l’épée est historiquement complètement fausse. Rappelons par exemple au Pape que l’Indonésie est le pays comptant le plus de musulmans au monde bien qu’aucune conquête musulmane n’ait eu lieu dans ce pays. L’orientaliste anglais De Lacy O’Leary déclare à ce propos :

Selon l’Histoire cependant, il est clair que la légende des musulmans fanatiques parcourant le monde et imposant l’islam avec l’épée sur les races conquises, est l’un des mythes les plus fantastiquement absurdes que les historiens n’ont jamais répété.

De Lacy O’Leary Islam at the Crossroads, p.8.

Et comment cela pourrait-il en être autrement lorsque le Coran stipule clairement :

Point de contrainte en religion maintenant que la Vérité se distingue nettement de l’erreur.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 256 de la Sourate N°2 ‘La Vache’.

Le célèbre exégète du Coran Ibn Kathir commente ce verset en disant :

Ne forcez personne à devenir musulman, car l’Islam est clair et avéré, et ses preuves et arguments sont évidents et clairs. Par conséquent, il n’y a aucun besoin de forcer quelqu’un à embrasser l’Islam.

Ismaïl ibn Kathir Commentaire du Saint Coran d’Ibn kathir, verset 256 de la sourate N°2 ‘La Vache’.

Au sujet de la manière de prêcher la religion et d’appeler les gens à elle, le Coran déclare d’ailleurs :

Appelle à la Voie de ton Seigneur avec sagesse et par de persuasives exhortations. Sois modéré dans ta discussion avec eux. Du reste, c’est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s’écarte de Sa Voie, comme Il connaît le mieux ceux qui sont bien guidés.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 125 de la sourate N°16 ‘Les Abeilles’.

Est-il écrit “Appelle à la Voie de ton Seigneur avec sagesse” ou “Appelle à la Voie de ton Seigneur avec l’épée ?” De plus, dans une parole authentique, le prophète Mohammed a dit :

Adoptez les noms des Prophètes. Les noms les plus aimés de Dieu sont “Serviteur de Dieu” (AbdAllah) et “Serviteur du Tout Miséricordieux” (Abderrahman.), les plus véridiques sont Harith et Hammam et les noms les plus désagréables sont “Guerre” (Harb) et “Amertume” (Mourrah)

Prophète Mohammed recueil d’Abou Dawoude, narration N°4950.

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Que dire alors d’un prophète qui stipule que parmi les prénoms les plus désagréables pour Dieu est le prénom Harb en arabe qui signifie guerre ? Est-il raisonnable de penser qu’un homme assoiffé de sang qui aime la guerre va dire une chose pareille ? La réalité n’est-elle donc pas contraire à ce que le pape Benoît XVI veut nous faire croire ? D’ailleurs, plusieurs réponses ont été faites aux déclarations de Benoît XVI. L’écrivain israélien Uri Avnery a dit par exemple :

Chaque Juif honnête qui connaît l’histoire de son peuple ne peut que ressentir un profond sentiment de gratitude envers l’Islam, qui a protégé les juifs pendant cinquante générations, tandis que le monde chrétien persécutait les juifs et a essayé de nombreuses fois “par l’épée” de les amener à abandonner leur foi. L’histoire de “propager la foi par l’épée” est une légende du mal, un des mythes qui ont grandi en Europe pendant les grandes guerres contre les musulmans – la reconquista de l’Espagne par les chrétiens, les croisades et la répulsion des Turcs, qui ont failli conquérir Vienne. Je soupçonne que le pape allemand, aussi, croit honnêtement à ces fables. Cela signifie que le chef du monde catholique, qui est un théologien chrétien dans son propre droit, n’a pas fait l’effort d’étudier l’histoire des autres religions.

Uri Avnery Muḥammad’s Sword, Septembre 2006.

Le grand savant musulman et imam saoudien Rabi ibn Hadi al-Madkhali, a déclaré quand à lui, en réponse au pape Benoît XVI :

Mohammed n’a pas érigé une seule usine de fabrication d’armes car il a été envoyé comme une miséricorde pour les mondes, pour guider l’humanité tout entière à ce qui leur apportera le bonheur dans ce monde et dans l’au-delà.

Rabi ibn Hadi Al-Madkhali Al-Intisar lil-Rasoul al-Mukhtar, 2006.

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En conclusion, pour les musulmans, le fait que le prophète Mohammed fut un guerrier ne discrédite en rien son statut de prophète. Car, d’une part, il n’était pas un guerrier sanguinaire ou barbare comme l’affirment les critiques et, d’une autre, sa facette de guerrier était exemplaire.

D’ailleurs, si le prophète Mohammed est bien le dernier prophète envoyé par Dieu à toute l’humanité et que son exemple est le parfait exemple à suivre, n’est-il pas raisonnable de penser que toutes les facettes de la vie du prophète Mohammed se doivent d’avoir été exemplaires ? Le professeur de philosophie indien Ramakrishna Rao disait d’ailleurs au sujet du prophète Mohammed :

Il y a Mohammed le prophète, Mohammed le général, Mohammed le roi, Mohammed le guerrier, Mohammad l’homme d’affaires, Mohammed le prêcheur, Mohammed le philosophe, Mohammed l’homme d’État, Mohammed l’orateur, Mohammed le réformateur, Mohammed qui donne refuge aux orphelins, Mohammed le protecteur des esclaves, Mohammed l’émancipateur de la femme, Mohammed le législateur, Mohammed le juge, Mohammed le saint. Et dans tous ces rôles magnifiques, dans toutes ces catégories des activités humaines, il est comme un héros.

Prof. K. S. Ramakrishna Rao Muhammad : The Prophet of Islam.

2.4.7 : Le Coran appelle au terrorisme

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Dans le même style de déformations grossières répétées par les critiques de l’Islam, il y a le fait que le Coran appelle au terrorisme. Et ici, nous allons voir que l’art de sortir les choses hors contexte ne s’arrête malheureusement pas à certains événements liés à la biographie du prophète Mohammed. Michel Onfray a d’ailleurs toute une liste de versets coraniques prouvant selon lui que le Coran incite à la haine et à la violence. Par exemple, le célèbre verset tellement répété par les critiques de l’islam :

Tuez les polythéistes partout où vous les trouvez…

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 191 de la Sourate N°2 ‘La Vache’.

Si l’on joue au même jeu que Michel Onfray, saviez-vous que le Coran stipule aussi aux musulmans de ne pas prier ? En effet, le Coran mentionne :

Ô vous qui croyez, ne faites pas la prière…

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 43 de la Sourate N°4 ‘Les Femmes’.

En copiant et collant n’importe quel passage du Coran, on peut faire croire pratiquement ce que l’on veut. Le verset ci-dessus stipule en réalité que :

Ô vous qui croyez, ne faites pas la prière lorsque vous êtes ivres.

Le Saint Coran Ibid.

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Est-il raisonnable alors d’extraire uniquement “Tuez les polythéistes partout où vous les trouvez” sans lire le verset qui précède et le verset qui suit, sans connaître le contexte, et sans revenir à la compréhension des pieux prédécesseurs (les trois premières générations de musulmans, comprenant donc les compagnons du prophète) ? Voici le verset qui précède :

Combattez dans la Voie de Dieu ceux qui vous combattent, sans jamais outrepasser les limites permises, car Dieu n’aime pas ceux qui les transgressent.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 190 de la Sourate N°2 ‘La Vache’.

Et le verset qui suit :

S’ils cessent de vous attaquer, sachez que Dieu est Clément et Miséricordieux.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 192 de la Sourate N°2 ‘La Vache’.

Et le verset encore suivant :

Combattez-les sans répit jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de subversion et que le culte soit rendu uniquement à Dieu. S’ils cessent le combat, ne poursuivez les hostilités que contre les injustes récalcitrants.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 193 de la Sourate N°2 ‘La Vache’.

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Si l’on replace ce verset dans le contexte, il devient donc évident que l’ordre de combat est uniquement contre ceux qui déclarent la guerre aux musulmans en premier, dans le but de mettre fin à leur agression. De plus, si les attaquants cessent le combat et s’inclinent vers la paix, alors les musulmans ne sont pas autorisés à continuer les hostilités.

L’un des versets précédents stipule aussi de ne “jamais outrepasser les limites permises” dans le combat. Al-Hassan al-Basri, l’un des plus grands savants de l’Islam du 8e siècle, déclara que “ne jamais outrepasser les limites permises” signifie :

Ne pas mutiler les morts, ne pas voler les biens capturés, ne pas tuer les femmes, les enfants et les personnes âgées qui ne participent pas au combat, ne pas tuer les prêtres et les résidents de maisons de culte, ne pas brûler les arbres et ne pas tuer les animaux sans un bénéfice réel.

Al-Hassan al-Basri Rapporté par Ismaïl ibn Kathir dans son commentaire du Saint Coran, verset 190 de la sourate ‘La Vache’.

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Lorsqu’un philosophe comme Michel Onfray sort donc le verset “Tuez les polythéistes partout où vous les trouvez” hors de son contexte, n’est-il pas en train de faire croire à ses auditeurs que le Coran ordonne aux musulmans de tuer n’importe quel polythéiste, homme, femme ou enfants, sans aucune condition ? (alors que ceci est totalement faux). N’est-ce pas là un exemple de Malhonnêteté intellectuelle ?

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Un verset similaire se trouve dans la sourate 9 et stipule aussi aux musulmans de “Tuez les polythéistes partout où vous les trouvez”. Il s’agit du verset numéro 5 de la sourate 9, et est peut-être l’un des versets les plus cités par les critiques de l’islam pour accuser le Coran d’inciter au meurtre et à la violence. Là encore, il suffit simplement de replacer le verset dans son contexte pour s’apercevoir de la tromperie des critiques de l’Islam. Le professeur d’études internationales John Louis Esposito déclare à ce sujet :

Il s’agit d’un verset parmi d’autres versets qui sont cités par la critique pour démontrer la nature intrinsèquement violente de l’Islam et son Écriture. (…) Le sens complet du verset “À l’expiration des mois sacrés, tuez les polythéistes partout où vous les trouverez” (Sourate 9, verset 5) est manquant ou déformé lorsqu’il est cité tout seul.

John L. Esposito What Everyone Needs to Know about Islam, p.121.
  • Les critiques de l’Islam oublient par exemple de mentionner que nous sommes ici dans un contexte de guerre.
  • Ils ne citent pas non plus le verset qui précède qui stipule que l’ordre de “tuer les polythéistes partout où vous les trouverez” ne s’applique pas sur ceux avec qui un pacte a été conclu, car l’Islam interdit la traîtrise et ordonne le respect des accords et des pactes conclus avec l’ennemi.
  • Ils ne citent pas non plus le verset qui suit qui mentionne que si un polythéiste lors d’une guerre demande l’asile aux musulmans, alors les musulmans doivent lui accorder.
  • Ils ne citent pas non plus le verset numéro 7 qui vient juste après qui mentionne : “Soyez donc loyaux avec ceux-ci tant qu’ils le seront avec vous. Dieu aime ceux qui sont de bonne foi”.
  • Ils ne citent pas non plus le verset 13 qui stipule que le combat s’applique sur ceux qui ont violé leur pacte et commencé la guerre en premier.

En résumé, ils jouent au jeu du copier-coller et abusent de l’ignorance de leurs auditeurs pour colporter des mensonges à l’égard du prophète Mohammed et du Coran.

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Ils citent aussi le verset “Frappez-les infidèles à la nuque ; frappez-les sur les doigts.” en faisant croire que cet ordre s’applique à tout moment alors que quiconque lit le passage de ce verset s’aperçoit clairement qu’il s’agit d’un ordre dans un contexte de guerre, armée contre armée.

L’homme politique néerlandais Geert Wilders cite quant à lui le verset 60 de la sourate 8 pour affirmer que le Coran appelle au terrorisme :

Préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme troupes et comme cavalerie, afin d’effrayer les ennemis de Dieu.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 60 de la Sourate N°8 ‘Les prises de guerre’.

Dû à son ignorance vis-à-vis du Coran, il ne sait pas en revanche que cet ordre s’applique pour un État islamique et non à des groupes de musulmans. Le professeur de l’université islamique de Médine Mohammed Al-Aqil dit à ce sujet :

Ce verset dans la sourate “Al-Anfal” ne constitue pas une preuve en faveur du terrorisme étant donné que tous les commentateurs du verset ont stipulé qu’il s’applique pour les dirigeants des musulmans.

Imam Muhammad Al Aqil Lecture à la mosquée Brixton de Londres, 20 Août 2005.

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Si l’ordre dans ce verset est destiné au président d’un pays musulman, alors qu’y a-t-il de mal là-dedans ? Car n’est-ce pas là une méthode qui a toujours été employée par tous les plus grands États du monde ? Ne voit-on pas les grands États formés des grandes armées et un grand pouvoir afin de terroriser les autres nations dans le but de les dissuader de les combattre ?

Car ce que Geert Wilders ne nous dit pas, est que la sagesse derrière ce verset est en réalité de dissuader l’ennemi d’attaquer, en le terrorisant par le fait qu’il sache que vous possédez un grand pouvoir et une grande armée. Il s’agit donc d’un moyen de défense et non d’attaque.

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À votre avis, pourquoi les pays occidentaux forment-ils des alliances politico-militaires entre eux comme l’OTAN par exemple ? N’est-ce pas un moyen de regrouper leur force pour augmenter leur sécurité vis-à-vis de l’ennemi et les dissuader d’attaquer ? Ce verset n’est-il donc pas en réalité un moyen d’amener la paix et la sécurité plutôt que la violence et la terreur ?

Comme à leurs habitudes, les critiques copient et collent ce verset en le sortant de son contexte. Pourquoi par exemple Geert Wilders ne cite pas le verset qui suit qui stipule :

S’ils penchent pour la paix, fais de même en te confiant à Dieu, car Il est l’Audient et l’Omniscient.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 61 de la Sourate N°8 ‘Les prises de guerre’.

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Si l’on replace donc ces versets du Coran dans leur contexte, n’est-il pas raisonnable de penser que le Coran n’appelle pas au terrorisme et à la violence ?

Comment pourrait-on d’ailleurs penser que le Coran incite à la violence et à la guerre lorsqu’on lit au début de la sourate “La victoire” :

En vérité, Nous t’avons accordé une victoire éclatante.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 1 de la Sourate N°48 ‘La Victoire’.

De quelle victoire éclatante s’agit-il ici ? D’un traité de paix ! Le traité de paix d’Houdaybiya entre les musulmans et les polythéistes de La Mecque. Que dire alors d’un livre qui appelle un traité de paix une victoire éclatante ? Un livre qui fait l’apologie de la guerre ou de la paix ?


2.4.8 : Le mariage avec Aïcha

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Parmi les autres déformations grossières qui ont été données sur le prophète Mohammed et le Coran par les critiques de l’Islam sont en rapport avec les femmes. La plus répandue d’entre elles est le mariage du prophète Mohammed avec Aïcha.

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Il est rapporté authentiquement que le contrat de mariage entre le prophète Mohammed et Aïcha s’est effectué lorsqu’elle avait 6 ans et la consommation du mariage (rapport sexuel) lorsqu’elle avait 9 ans tandis que le prophète Mohammed avait une cinquantaine d’années. Par conséquent, les critiques de l’Islam accusent le prophète Mohammed d’avoir eu des rapports sexuels avec un enfant et d’être un pédophile.

Avant de répondre à cette accusation de pédophilie, il est important de savoir que quelques siècles auparavant, il était tout à fait courant et normal de se marier avec des femmes très jeunes. Dans un livre co-écrit par deux psychologues, Stephen Smallbone et Richard Wortley, on apprend qu’avant le 20e siècle, les femmes se mariaient jeunes :

Dans les sociétés européennes médiévales et prémodernes, l’âge du mariage restait très bas, avec des cas documentés de mariées dès l’âge de sept ans, bien que les mariages n’étaient généralement pas consommés jusqu’à ce que la jeune fille ait atteint la puberté comme le déclare le professeur Bullough. Juliette dans l’opéra de Shakespeare n’avait seulement 13 ans, et il n’y a aucune indication dans l’opéra que cela était considéré comme exceptionnel. La situation était similaire de l’autre côté de l’Atlantique ; Le professeur Bullough rapporte le cas, en 1689, d’une jeune mariée de neuf ans en Virginie.

Richard Wortley et Stephen Smallbone Internet Child Pornography: Causes, Investigation, and Prevention, p.10.

Un peu plus loin, on apprend même que :

Au début du 19e siècle en Angleterre, il était légal d’avoir des relations sexuelles avec une fille de 10 ans.

Richard Wortley et Stephen Smallbone Ibid.

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En effet, avant le début du 20e siècle, la majorité sexuelle établie par les pays occidentaux était relativement basse. (La majorité sexuelle est l’âge à partir duquel un mineur civil peut entretenir une relation sexuelle avec un adulte sans que cet adulte commette une infraction pénalement réprimée.)

Selon l’étude du professeur Stephen Robertson de l’université de Sidney, la majorité sexuelle établie par les pays occidentaux avant le début du 20e siècle était en moyenne autour de 12-13 ans (13 ans pour la France). Aux États-Unis, la plupart des États avaient établi la majorité sexuelle à 10 ans et l’État du Delaware l’avait établi quant à lui à 7 ans. Le sociologue Anthony Joseph Paul Cortese commente sur cette majorité sexuelle fixée par l’État du Delaware en disant :

Ainsi, un homme de 50 ans pouvait légalement avoir des rapports sexuels avec un garçon ou une fille de 7 ans.

Anthony Joseph Paul Cortese Opposing Hate Speech, p.85.

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Avant le 20e siècle, se marier avec des filles jeunes était considéré normal et cela ne choquait personne. Bien plus, c’était même la norme dans certaines sociétés comme durant l’Empire Romain à la fin du 12e siècle. L’historienne Lynda Garland, dans un article sur l’Empire romain, donne de nombreux exemples d’empereurs romains s’étant mariés avec des filles très jeunes. L’empereur Alexios I Komnenos s’est par exemple marié avec Irene Ducaena alors qu’elle n’avait que 12 ans et l’empereur Isaac II Ange s’est marié avec la princesse Marguerite de Hongrie alors qu’elle n’avait que 9 ans.

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En sachant cela, il n’est donc pas surprenant d’apprendre que cette critique du mariage du prophète Mohammed avec Aïcha est uniquement apparue ces derniers siècles et n’était même pas soulevée par les critiques de l’Islam auparavant. Car comme nous venons de le voir, marier des filles jeunes était une pratique tout à fait normal il y a quelques siècles. C’est pourquoi, d’ailleurs, les ennemis du prophète Mohammed à son époque n’ont même pas mentionné ce mariage comme un problème, car c’était tout à fait normal durant son temps.

Ceci étant dit, le mariage du prophète Mohammed avec Aïcha relève-t-il de la pédophilie comme le prétendent les critiques de l’Islam ? Alors tout d’abord, qu’est-ce que la pédophilie ? Selon l’enclyclopédie Britannica, la pédophilie se définit comme étant :

Un trouble psychosexuel dans lequel un adulte a des fantasmes sexuels ou se livre à des actes sexuels avec un enfant prépubère du même sexe ou du sexe opposé.

Encyclopaedia Britannica Pedophilia.

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Afin de prouver que le mariage du prophète Mohammed avec Aïcha relève de la pédophilie, il faudrait donc prouver qu’Aïcha, lors de la consommation du mariage lorsqu’elle avait 9 ans, était une enfant prépubère. Alors était-ce le cas ?

Dans un article sur la puberté, publié par le magazine livescience, on peut lire :

Il existe une fourchette, et c’est en partie le problème de l’établissement de l’âge “normal” de la puberté. Les filles pourraient rentrer dans une puberté complète à tout moment entre 9 et 15 ans ; les garçons entre 11 et 17.

Livescience The Truth Behind Early Puberty, 4 Septembre 2007.

Le pédiatre Steven Dowshen, rédacteur en chef du magazine spécialisé sur la santé des enfants “kidshealth”, déclare à ce sujet :

Habituellement, la puberté commence entre 8 et 13 chez les filles et entre 9 et 15 ans chez les garçons.

Steven Dowshen. All about puberty, Kidshealth.

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L’âge de 9 ans se trouve donc dans la fourchette normale de la puberté. Il est donc tout à fait possible qu’une fille de 9 ans soit totalement pubère. De plus, selon certaines études, cette fourchette de puberté serait encore plus basse dans les pays chauds comme en Arabie, car les filles auraient tendance à avoir leur puberté beaucoup plus tôt que la moyenne.

Le livre intitulé “Femme : une compilation historique, gynécologique et anthropologique” écrit par trois scientifiques, confirme l’influence du climat dans l’âge de la puberté :

La température moyenne annuelle du pays ou de la province est considérée comme le principal facteur ici, non seulement à l’égard de la menstruation, mais en ce qui concerne l’ensemble du développement sexuel à la puberté.

Hermann Heinrich Ploss, Max Bartels et Paul Bartels Woman: An Historical, Gynecological, and Anthropological Compendium, Vol.1, p.563.

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Par conséquent, certains médecins étaient d’avis que dans des régions à climat chaud, les filles pouvaient avoir des relations sexuelles très tôt, car elles étaient totalement pubères et donc capables physiquement d’avoir des relations.

Dans un manuel de l’université de Cambridge sur l’histoire de la nutrition, la santé et la culture, on peut lire :

Albrecht von Haller (médecin suisse) (1775), par exemple, a affirmé que les filles dans les régions du sud de l’Asie, où le climat était chaud, étaient mariables dans leur huitième année et apte à donner naissance à leur neuvième ou dixième année ; à l’inverse, les femmes dans les régions arctiques ne menstruaient pas avant 23 ou 24 ans. Ce point de vue a été partagé par d’autres écrivains du dix-huitième siècle, et plus particulièrement J.F Freind (1738), Herman Boerhaave (1744), et Montesquieu (1751).

The Cambridge world history of food Vol.2, p.1455.

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Par ailleurs, certains témoignages confirment que la maturité sexuelle avait lieu très tôt chez les filles en Arabie aux alentours de la période du prophète Mohammed.
Le célèbre imam musulman du 9e siècle As-Shafi’i, rapporte par exemple avoir vu durant son voyage au Yémen des filles de 9 ans qui avaient déjà leurs règles. Il rapporte aussi avoir vu une grand-mère âgée de 21 ans qui avait donné naissance à 10 ans et sa fille avait donné naissance à un âge similaire.

Il existe donc de bonnes indications laissant penser qu’Aïcha était parfaitement pubère à l’âge de 9 ans. En réalité, le consensus des savants musulmans sur cette question est qu’Aïcha était parfaitement mature physiquement. L’historienne Karen Armstrong rapporte l’opinion de l’un d’entre eux en disant :

Tabari (savant musulman du 10e siècle) dit qu’elle était si jeune qu’elle est restée dans la maison de ses parents et le mariage a été consommé plus tard, quand elle avait atteint la puberté.

Karen Armstrong Muhammad : A Biography of the Prophet, 1992, p. 157.

Et dans presque toutes les sociétés jusqu’à il y a quelques siècles, une fille qui avait atteint la puberté n’était plus considérée comme une enfant, mais comme une femme. Donc si toutes les indications et preuves nous laissent penser qu’Aïcha à 9 ans n’était plus une enfant, car elle était pubère, comment pourrait-on accuser ce mariage d’acte de pédophilie ?

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Lorsque les critiques accusent le prophète Mohammed de pédophilie, ils oublient qu’ils sont en train d’émettre un jugement basé sur leurs propres cultures et leurs propres époques. Il s’agit là d’un parfait exemple d’ethnocentrisme (tendance à privilégier les normes et valeurs de sa propre société pour analyser les autres sociétés.)

Ils jugent un mariage qui a eu lieu il y a plus de 1 400 ans dans une société complètement différente de celle d’aujourd’hui selon les normes de nos sociétés modernes. Mais n’est-il pas déraisonnable de faire cela étant donné que l’époque n’est pas la même, la culture n’est pas la même, l’endroit n’est pas le même et le contexte n’est pas le même ? William Montgomery Watt disait à ce sujet :

Comment sommes-nous pour juger Mohammed ? Selon les normes de son temps et son pays ou selon celles des opinions les plus éclairées d’aujourd’hui en Occident ? Lorsque les sources sont examinées de près, il est clair que les actions de Mohammed qui sont désapprouvées par l’Occident moderne n’étaient pas l’objet de la critique morale de ses contemporains.

William Montgomery Watt Muhammad : Prophet and Statesman, p.233.

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La maturité physique et intellectuelle par exemple, n’était absolument pas la même il y a 1 400 ans en Arabie qu’aujourd’hui en Occident. Lorsque l’on pense aujourd’hui à une fille de 9 ans, on va automatiquement penser à une fille de 9 ans à notre époque qui est encore une enfant. Cependant, une fille de 9 ans il y a 1 400 ans durant l’époque du prophète Mohammed était probablement aussi mature physiquement et intellectuellement qu’une fille de 16-17 ans d’aujourd’hui.

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De plus, le monde à l’époque n’était pas aussi sophistiqué et les enfants connaissaient donc très jeunes la réalité du monde dans lequel ils vivaient. Ils n’avaient pas à passer par de longs cursus scolaires avant de devenir adulte et d’apprendre la réalité du monde moderne.
Autre exemple avec l’espérance de vie. Le quotidien d’information britannique The Guardian dit à ce propos :

L’espérance de vie humaine était d’une vingtaine d’années il y a mille ans.

The Guardian Bring on the nanobots, and we will live long and prosper, 22 Novembre 2007.

Donc dans un pays aujourd’hui où l’espérance de vie est d’environ 80 ans, il est normal d’avoir du mal à imaginer une fille de 9 ans avoir des relations sexuelles. En revanche, dans un pays il y a 1 400 ans où l’espérance de vie était très basse, n’est-il pas plus facile à comprendre pourquoi les femmes se mariaient et avaient des enfants très tôt ?

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Aujourd’hui en 2015, la majorité sexuelle varie entre les différents pays du monde. En France par exemple elle est de 15 ans. Si un Français venait donc à critiquer la majorité sexuelle de 7 ans établit par l’État du Delaware aux Etats-Unis au 19e siècle, sous prétexte que chez lui elle est de 15 ans, ce serait de l’ethnocentrisme. La majorité des Français en revanche n’émettent pas cette critique, car ils réalisent que les paramètres sont différents : Le pays est différent, l’époque est différente, la culture est différente, le contexte politique, social et économique est différent etc…

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À partir de ce constat, pourquoi donc juger négativement le mariage du prophète Mohammed avec Aïcha ? n’est-ce donc pas là un parfait exemple d’ethnocentrisme ? Si au temps de Shakespeare il y a environ 400 ans Juliette n’avait que 13 ans et que cela était considéré comme normal, alors que dire au temps du prophète Mohammed il y a plus de 1 400 ans ? Si le prophète Mohammed avait réellement des caractéristiques de pédophile comme le prétendent les critiques, alors pourquoi avoir attendu 3 ans avant la consommation du mariage ? Et pourquoi pas un seul chrétien, juif ou polythéiste de l’époque n’a critiqué ce mariage ? L’orientaliste Nabia Abbott, qui fut professeur d’études orientales à l’université de Chicago, disait à ce sujet :

Dans aucune version il y a un commentaire fait sur la disparité des âges entre Mohammed et Aïcha ou sur l’âge de la mariée…

Nabia Abbott Aishah: The Beloved of Mohammed, p.6-7.

Selon les musulmans, derrière ce mariage avec Aïcha se cache en réalité une très grande sagesse car Aïcha a rapporté que le prophète Mohammed lui aurait dit :

On t’a montrée à moi deux fois en rêve. Je t’ai vue habillée d’une pièce d’étoffe de soie et on m’a dit : “celle-ci est ta femme”. J’ai alors découvert son visage et c’était le tien. Je me suis alors dit : “Si cela provient de Dieu, cela se réalisera”.

Prophète Mohammed Authentique d’Al-Boukhari, Narration N°3895.

Le prophète Mohammed a donc rêvé qu’Aïcha deviendrait sa femme. Selon les savants de l’Islam, ce rêve provient de Dieu, car les rêves des prophètes sont des révélations. Le savant musulman Ibn Kathir rapporte par exemple dans son exégèse du Coran que le compagnon du prophète Mohammed Abdoullah ibn Abbas a dit que les rêves des prophètes étaient des révélations de Dieu.

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Pour les musulmans, le fait que ce mariage soit un ordre divin n’est pas surprenant, car on remarque une très grande sagesse derrière celui-ci : En effet, du fait qu’Aïcha s’est mariée avec le prophète Mohammed lorsqu’elle fut jeune, elle a vécu environ 47 ans après sa mort et a donc pu enseigner aux musulmans de nombreuses choses sur la religion.

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Ce mariage à un jeune âge lui a permis d’être un témoin oculaire des données personnelles de la vie du prophète Mohammed et ainsi de pouvoir les divulguer aux générations futures. Elle était tellement savante au sujet du Coran, des paroles du prophète et de la loi islamique que même les compagnons les plus savants la consultaient pour des réponses à des questions. Elle rapporta d’ailleurs plus de 2 000 narrations du prophète Mohammed. Du fait de sa longue longévité après la mort du prophète Mohammed, les bénéfices qu’elle apporta à la communauté musulmane furent donc considérables.

En résumé, si les critiques de l’Islam regardaient tout d’abord leur Histoire avant de critiquer celles des autres, ils ne se permettraient peut-être pas d’avancer de telles accusations. Dans un article sur l’histoire de la majorité sexuelle publié par le journal de la psychologie et la sexualité humaine, on peut lire :

La tradition romaine a servi de base pour l’Europe chrétienne ainsi que l’Église chrétienne elle-même qui, en général, essentiellement basée sur le développement biologique, a fixé la majorité sexuelle à 12 ou 14 ans, mais a continué à définir le minimum absolu à sept ans.

Journal of Psychology & Human Sexuality Vol.16, Age of Consent A Historical Overview.

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Si selon le christianisme, l’âge minimum pour se marier est de 7 ans, pourquoi les critiques chrétiennes de l’Islam dénoncent-elles le mariage du prophète Mohammed avec Aïcha ?

L’historienne Cathy Yandell déclare dans l’un de ses livres sur l’époque moderne française :

Dans le droit canonique, la puberté détermine normalement l’âge de maturité sexuelle, bien que l’âge minimum pour le mariage est de sept ans, “l’âge de raison”, quand un enfant est jugé capable de consentement.

Cathy M. Yandell Carpe Corpus: Time and Gender in Early Modern France, p.37.

Comment un chrétien pourrait-il donc accuser le prophète Mohammed alors que sa propre loi stipule un minimum de 7 ans et que de nombreux empereurs chrétiens ont mariés des filles très jeunes ? Dans l’évangile selon Luc, on peut lire :

Comment peux-tu dire à ton frère : “Mon frère, laisse-moi enlever le bout de paille qui est dans ton œil” alors que toi, tu ne vois même pas le tronc d’arbre qui est dans le tien ! Hypocrite ! Enlève d’abord le tronc d’arbre qui est dans ton œil et ensuite tu verras assez clair pour enlever le bout de paille dans l’œil de ton frère !

Nouveau Testament Évangile selon Luc, chapitre 6, verset 42.

Comment maintenant un juif pourrait-il critiquer le mariage du prophète Mohammed avec Aïcha tandis que dans le Talmud, l’ensemble des recueils qui constitue la loi juive, l’âge minimum pour le mariage est de trois ans ?

Une fille de l’âge de trois ans et un jour peut-être fiancée par des rapports (avec l’accord de son père).

Talmud de Babylone Mishnah, Division Tohoroth, Chapitre Niddah.

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Comment ensuite un athée pourrait-il critiquer le mariage du prophète Mohammed lorsque l’on sait qu’Aïcha était pubère et que la majorité sexuelle d’une manière générale était établie en fonction de la puberté ?

Le journal de la psychologie et la sexualité humaine dit à ce sujet :

La majorité sexuelle à travers l’histoire a souvent coïncidé avec l’âge de la puberté, mais à certains moments elle était dès sept ans.

Journal of Psychology & Human Sexuality Vol.16, Age of Consent A Historical Overview.

Par ailleurs, Aïcha provenait d’une famille noble et il est intéressant de constater que la plupart des femmes nobles du Moyen Âge se mariaient très jeunes. L’historienne Melisende d’Outremer dit à ce propos :

Pour beaucoup de femmes nées dans des familles nobles ou royales, le mariage pouvait et avait souvent lieu à un jeune âge. Il y a beaucoup de cas ou de très jeunes filles étaient fiancées et mariées avant l’âge de 10 ans.

Melisende d’Outremer Medieval Marriage & Childbirth, 29 Août 2007.

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Lorsque l’on replace donc le mariage du prophète Mohammed dans son époque (à une époque où la majorité sexuelle dans le monde était très basse selon les normes d’aujourd’hui et où une fille de 9 ans était une femme et non une fillette), dans son contexte (pays chaud où la maturité sexuelle apparaît rapidement et où se marier jeune était normal pour une femme) et lorsque l’on constate qu’Aïcha était pubère avant la consommation du mariage, que personne à l’époque n’a critiqué cette union et la sagesse derrière un tel mariage, est-il raisonnable d’émettre une critique dessus ?

Si Aïcha avait entendu ces critiques, n’aurait-elle pas été la première à les réfuter, elle qui était si épanouie et si heureuse de son mariage avec le prophète Mohammed ?


2.4.9 : Le mariage avec Zaïneb

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Le mariage du prophète Mohammed avec Zaïneb est un autre exemple que les critiques de l’Islam citent très souvent. Voici comment l’histoire du mariage est rapportée selon les critiques : un jour, le prophète Mohammed aurait vu Zaïneb dévêtue et serait tombé amoureux d’elle. Mais puisque Zaïneb était déjà mariée avec Zaïd ibn Haritha, alors le prophète Mohammed mis dans le Coran un verset stipulant que Dieu a marié le prophète Mohammed avec Zaïneb. Voici le verset en question :

Souviens-toi de celui que Dieu et toi-même avez comblé de bienfaits, et auquel tu disais : “Garde pour toi ton épouse, et crains Dieu”, tout en dissimulant au fond de toi-même ce que Dieu allait rendre public. Tu redoutais l’opinion publique, alors que c’est Dieu que tu devais craindre. Lorsque Zayd eut cessé toute relation avec sa femme, Nous te la donnâmes en mariage afin qu’il ne soit plus interdit aux musulmans d’épouser les femmes avec lesquelles leurs fils adoptifs auront cessé tout commerce. L’ordre de Dieu devait être exécuté.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 37 de la Sourate ‘Les Coalisés’.

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Selon les critiques, puisque le prophète était tombé amoureux de Zaïneb, il concocta donc ce verset pour faire croire que Dieu avait dit qu’il devait se marier avec elle. Autrement dit, il utilisa la “soi-disante révélation” qu’il recevait de Dieu pour justifier son mariage avec Zaïneb. D’ailleurs, il n’est pas étonnant que les critiques de l’Islam disent que le prophète a concocté ce verset, car elles disent qu’il a concocté tout le Coran.

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Les critiques estiment simplement que ce verset est une preuve que Mohammed est l’auteur du Coran et utilisent cette histoire pour nuire à son image en affirmant qu’il n’était pas capable de contrôler ses émotions sexuelles. Est-il alors raisonnable de croire cette version des critiques de l’Islam ? Pour connaître la réponse, il est d’abord nécessaire de connaître brièvement le contexte de ce verset. Dans cette histoire, les trois personnages principaux sont le prophète Mohammed, Zaïd ibn Haritha et Zaïneb.

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Zaïd ibn Haritha était un compagnon du prophète Mohammed et le seul compagnon à être mentionné de nom dans le Coran. À l’origine, il appartenait à une tribu arabe d’Arabie et durant son enfance, il avait été fait prisonnier lors d’un raid d’une autre tribu contre la sienne et ensuite vendu en tant qu’esclave. C’est un commerçant de La Mecque qui l’acheta pour le donner ensuite en cadeau à sa tante Khadija, la première femme du prophète Mohammed. le Grand imam musulman Mohammed ibn Jarir at-Tabari dit à ce sujet :

Ils l’amenèrent au marché à Ukkaz (un important marché tenu tous les ans dans les environs de La Mecque) pour le vendre et Hakim ibn Qousay l’acheta pour sa tante paternelle, Khadija bint Khouwaylid pour 400 dirhams.

Mohammed ibn Jarir at-Tabari Tarikh al-Rusul wa al-Muluk, Biographie de Zaïd ibn Haritha.

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Lorsque Khadija se maria ensuite avec le prophète Mohammed (environ 15 ans avant le début de sa mission), elle lui donna Zaïd comme cadeau mais étant donné que le prophète Mohammed n’aimait pas l’esclavage, il affranchit Zaïd et le garda à son service en tant qu’homme libre. (La notion d’esclavagisme à cette époque n’était absolument pas la même que l’esclavagisme aux États-Unis qui nous vient immédiatement à l’esprit).

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Quelques années plus tard, des membres de la tribu de Zaïd, en voyage à La Mecque, reconnurent Zaïd et décidèrent dès leur retour d’en informer sa famille, qui décida ensuite de racheter sa liberté contre une rançon. En apprenant cette nouvelle, le prophète Mohammed voulut libérer Zaïd sans aucune rançon en échange mais Zaïd aimait tellement le prophète Mohammed pour son comportement et son caractère si noble qu’il le préféra à sa propre famille et décida de rester avec lui. Mohammed ibn Jarir at-Tabari dit à ce sujet :

Zaïd dit au prophète : “Personne ne m’est plus préférable pour moi que toi. Tu es comme un père et un oncle paternel”. Sa famille (son père et son oncle) lui répondit ensuite (en apprenant qu’il souhaitait rester avec le prophète) : “Malheur à toi, préfères-tu l’esclavage à la liberté, à ton père, ton oncle et toute ta famille ?” Zaïd leur répondit : “Oui car j’ai vu quelque chose en cet homme et je ne suis pas du genre à choisir d’autres personnes en échange de lui”.

Mohammed ibn Jarir at-Tabari Ibid.

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Du coup, le prophète Mohammed adopta Zaïd en tant que fils et en voyant que Zaïd était devenu le fils adoptif du prophète Mohammed, sa famille fut satisfaite et repartit sans lui. Quand le prophète reçut les premières révélations quelque temps plus tard, Zaïd fut l’un des premiers hommes à embrasser l’Islam, car il connaissait trop bien le prophète pour avoir le moindre doute quant à son honnêteté.

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Quelques années plus tard, le prophète Mohammad souhaita que Zaïd se marie avec sa cousine Zaïneb (la fille de la tante paternelle du prophète), afin d’abolir toute forme de distinction de classe. En effet, Zaïneb appartenait à la même famille que le prophète, la plus noble famille de toute l’Arabie, et Zaïd était certes le fils adoptif du prophète mais cela ne changeait rien aux faits qu’il était un simple esclave qui avait bénéficié de la bonté du prophète.

Le Comité Permanent des recherches scientifiques et de la délivrance des avis juridiques religieux (fatwas), qui est un comité qui regroupe les plus grands imams du Royaume d’Arabie Saoudite, déclare au sujet de cette proposition de mariage :

le prophète se chargea du mariage pour Zaïd car il était son esclave et son fils adoptif. Il demanda donc Zaïneb en mariage pour Zaïd mais elle dédaigna et dit : “Je suis d’une meilleure lignée que lui”.

Dar Al Ifta Avis juridiques concernant la biographie du prophète, avis N°1623.

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Zaïneb s’était convertie à l’Islam, et malgré qu’elle ne souhaitait pas ce mariage, elle finit quand même par accepter, car il a été rapporté que Dieu révéla à cette occasion le verset suivant : “Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois que Dieu et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident”.

Ainsi, lorsqu’elle comprit qu’il s’agissait d’un ordre divin, elle accepta et le mariage avec Zaïd eut lieu. Mais peu de temps après leur mariage, suite à des tensions qui existaient au sein de leur couple, Zaïd avait exprimé son souhait de divorcer et vint se plaindre auprès du prophète.

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En connaissant maintenant le contexte, nous allons analyser le verset qui fait controverse en se basant sur le commentaire d’Ibn Kathir, l’un des plus importants exégètes du Coran et celui du Comité des grands imams d’Arabie Saoudite et voir s’il est raisonnable de penser que le prophète Mohammed concocta ce verset car il était amoureux de Zaïneb.

Voici encore une fois la traduction approximative du sens du verset :

Souviens-toi de celui que Dieu et toi-même avez comblé de bienfaits, et auquel tu disais : “Garde pour toi ton épouse, et crains Dieu”, tout en dissimulant au fond de toi-même ce que Dieu allait rendre public. Tu redoutais l’opinion publique, alors que c’est Dieu que tu devais craindre. Lorsque Zayd eut cessé toute relation avec sa femme, Nous te la donnâmes en mariage afin qu’il ne soit plus interdit aux musulmans d’épouser les femmes avec lesquelles leurs fils adoptifs auront cessé tout commerce. L’ordre de Dieu devait être exécuté.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 37 de la Sourate N°33 ‘Les Coalisés’.
    • Souviens-toi de celui que Dieu et toi-même avez comblé de bienfaits… : Cela se réfère à Zaïd. Dieu l’a comblé de bienfaits, car Il l’a guidé à l’Islam et le prophète l’a comblé de bienfaits, car il l’a affranchi de son esclavage et l’a marié à Zaïneb.

    • Et auquel tu disais : “Garde pour toi ton épouse, et crains Dieu”… : Lorsque Zaïd vint voir le prophète pour se plaindre de sa relation avec Zaïneb, le prophète lui ordonna de la garder et de patienter avec elle et lui dit “Garde pour toi ton épouse, et crains Dieu”.

    • Tout en dissimulant au fond de toi-même ce que Dieu allait rendre public… : Le prophète savait que Zaïd allait divorcer avec Zaïneb et savait qu’il allait se marier avec elle par la suite car Dieu lui avait informé de tout cela et lui avait donner l’ordre d’épouser Zaïneb lorsque le divorce serait effectif.Malgré que le prophète savait cela, lorsque Zaïd vint le voir pour se plaindre de sa relation avec Zaïneb et l’informer d’un futur divorce, le prophète lui ordonna de patienter et d’essayer d’arranger la situation. Pourquoi cette attitude alors que Dieu l’avait informer du divorce et de son mariage avec Zaïneb ? la réponse est donnée juste après :

    • Tu redoutais l’opinion publique, alors que c’est Dieu que tu devais craindre… : Le prophète craignait l’opinion publique, car s’il épousait Zaïneb, les gens allaient commencer à dire qu’il a épousé son ex-belle-fille, ce qui était très mal vu car les Arabes dans la période préislamique interdisaient le mariage entre l’homme et l’ex-femme de son fils adoptif.En effet, les Arabes à cette époque considéraient un fils adoptif comme un vrai fils biologique mais Dieu voulut justement mettre fin à ce système d’adoption et à toutes les conséquences qui en découlaient, comme l’interdiction de se marier avec l’ex-femme de son fils adoptif. C’est pourquoi Dieu dit juste après :

    • Lorsque Zaïd eut cessé toute relation avec sa femme, Nous te la donnâmes en mariage afin qu’il ne soit plus interdit aux musulmans d’épouser les femmes avec lesquelles leurs fils adoptifs auront cessé tout commerce. L’ordre de Dieu devait être exécuté : Dieu voulut donc le prophète Mohammed se marie avec Zaïneb dans un but religieux et législatif, celui de mettre un terme au système d’adoption et à tout ce qu’il impliquait, car, étant donné que le système de l’adoption était très ancré dans la société arabe, seul un exemple pratiqué par le prophète pouvait suffire à y mettre fin.

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Cette interprétation de ce verset qui a été donnée ci-dessus est confirmée par certains pieux prédécesseur musulmans comme Ali Zayne Al Abidine, l’arrière-petit-fils du prophète Mohammed. Elle fut aussi confirmée par certains des plus grands imam de l’Islam comme Ismaïl ibn Kathir (14e siècle), Ibn Hajar al-Asqalani (15e siècle) ou encore Mohammed al-Amin Ash-Shinquiti (20e siècle).

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Elle détruit complètement l’argument des critiques de l’Islam pour la raison principale qu’il n’y a aucune mention sur le fait que le prophète Mohammed serait tombé amoureux de Zaïneb et aurait ensuite décidé de l’épouser. Alors, s’il n’y a aucune mention de cette “soi-disante histoire d’amour” entre le prophète et Zaïneb, d’où vient cette histoire ? A-t-elle été inventé par les critiques de l’Islam ?

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Cette histoire n’a pas été inventée par les critiques de l’Islam, car elle existe effectivement dans certaines sources musulmanes comme l’exégèse de l’imam At Tabari ou le recueil de l’imam du 9esiècle Ahmad ibn Hanbal. En effet, certaines narrations stipulent que le prophète Mohammed aurait vu Zaïneb dévêtue et aurait été pris d’amour pour elle. Par conséquent, il existe une autre interprétation de ce verset qui stipule que ce que le prophète dissimulait au fond de lui-même n’était pas le fait qu’il savait que Zaïd allait divorcer avec Zaïneb et qu’il allait se marier avec elle, mais il cachait ses sentiments et son amour pour Zaïneb.

Mais comme l’affirme le comité des grands imams d’Arabie Saoudite, ces récits autour de l’histoire d’amour entre le prophète Mohammed et Zaïneb ne sont pas authentiques car il existe des faiblesses dans les chaînes de transmission des récits de cette histoire :

Ce qui est rapporté au sujet du fait que le Prophète vit Zaïneb à travers un rideau, qu’elle prit aussitôt une grande place dans son cœur, qu’elle le troubla et qu’il fut épris d’elle, que Zaïd apprit cela, la détesta et la préféra pour le Prophète et ainsi divorça afin qu’il l’épouse après lui, tout cela n’est pas confirmé de façon authentique.

Dar Al Ifta Avis juridiques concernant la biographie du prophète, Avis N°1623.

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De plus, cette interprétation n’est pas supportée par le texte du Coran. En effet, Dieu dit, selon la traduction approximative de sens “tout en dissimulant au fond de toi-même ce que Dieu allait rendre public”, c’est-à-dire que ce que le prophète dissimulait était une chose que Dieu allait rendre public et qu’est-ce que Dieu a rendu public ? le fait qu’il avait des sentiments pour Zaïneb ou bien le fait qu’il se maria avec Zaïneb ?

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La réponse est dans le verset “lorsque Zaïd eut cessé toute relation avec sa femme, Nous te la donnâmes en mariage”. Dieu a donc rendu public le mariage entre le prophète et Zaïneb, car cela est dit dans le Coran. Ainsi, n’est-il pas raisonnable de penser que ce que le prophète cachait dans son cœur était le fait qu’il savait qu’il allait se marier avec Zaïneb et non qu’il avait des sentiments pour elle ?

Les critiques de l’Islam prennent donc une interprétation non authentique et qui n’est pas supportée par le Coran. Au lieu de prendre une interprétation fondée sur les preuves, les critiques prennent donc celle qui les arrange le plus afin de nuire à l’image de l’Islam. L’orientaliste William Montgomery Watt disait d’ailleurs à ce propos :

Aucune des grandes figures de l’histoire a été si mal apprécié en Occident comme l’a été Mohammed. Les écrivains occidentaux ont souvent eu tendance à croire le pire au sujet de Mohammed, et, à chaque fois qu’une interprétation contestable d’un événement (de sa vie) semblait plausible, ils ont eu tendance à l’accepter comme un fait.

William Montgomery Watt Muhammad At Mecca, p.52.

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Selon les critiques de l’Islam, le prophète Mohammed aurait inventé ce verset, car il souhaitait se marier avec Zaïneb. Mais si tel avait été le cas, pourquoi ce verset comporte un reproche fait envers le prophète Mohammed : “Tu redoutais l’opinion publique, alors que c’est Dieu que tu devais craindre” ? Aïcha a dit à ce sujet que “Si Mohammed avait pu dissimuler quoi que ce soit de ce qui lui a été révélé du livre de Dieu, il aurait dissimulé ce verset”. En sachant cela, est-ce raisonnable de croire que le prophète Mohammed ait inventé ce verset alors qu’il constituait une très grande gêne pour lui ?

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Deuxièmement, même si on accepte l’autre interprétation qui prétend que le prophète Mohammed avait des sentiments pour Zaïneb et souhaitait se marier avec elle, pourquoi cela impliquerait-il nécessairement qu’il ait inventé ce verset ?

Pourquoi Dieu n’aurait-il pas fait en sorte que le prophète Mohammed ait des sentiments pour Zaïneb et souhaite se marier avec elle, pour ensuite ordonner au prophète de se marier avec Zaïneb afin d’abolir la notion préislamique des Arabes qui interdisait à un homme de se marier avec l’ex-femme de son fils adoptif ? En réalité, lorsque l’on constate la sagesse derrière ce mariage, la raison religieuse et législative de celui-ci, cette interprétation n’est-elle pas beaucoup plus raisonnable que le fait qu’il ait inventé ce verset ?

Troisièmement, toujours si l’on considère que cette autre interprétation est authentique, en quoi le fait que le prophète ait souhaité se marier avec Zaïneb après avoir été épris d’elle, nuit-il à son statut de prophète ? L’imam du 12e siècle Al-Barawi disait à ce sujet :

Même si l’autre interprétation est correcte, que le prophète cachait un amour pour elle et une envie de se marier avec elle, alors ceci n’est en réalité pas quelque chose qui nuit à la réputation d’un prophète, car un serviteur n’est pas blâmé pour un désir qui provient du cœur, du moment qu’il n’a pas l’intention de faire du mal, car l’amour et les penchants amoureux sont des choses incontrôlables pour les êtres humains.

Imam Al-Barawi Commentaire du Saint Coran : Ma’alim al-Tanzil, verset 37 de la sourate ‘Les Coalisés’.

En conclusion, l’une des armes des critiques de l’Islam est une inclinaison du cœur du prophète Mohammed… qui n’est, d’une part, pas rapportée dans des récits authentiques et, d’autre part, pas supportée par le texte du Coran. Et même si elle s’avère être vraie, cela n’implique pas que le prophète Mohammed ait inventé le Coran et ne nuit absolument pas à sa réputation. Car après tout les prophètes ne sont-ils pas des êtres humains comme nous ?


2.4.10 : Le Coran encourage à battre les femmes

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Selon les critiques de l’Islam, le Coran serait un livre dangereux car il ferait l’apologie de la violence envers les femmes. Pour appuyer cette opinion, les critiques affirment que le verset 34 de la sourate “Les Femmes” donnerait le droit au mari de frapper sa femme physiquement. Mais comme à leur habitude, les critiques ont l’art de sortir les versets hors de le leur contexte et de ne pas revenir à la compréhension des premières générations de musulmans comme les compagnons du prophète Mohammed qui connaissaient mieux que quiconque l’interprétation des versets coraniques. Voici le verset en question :

Pour les femmes qui se montrent insubordonnées, commencez par les exhorter, puis ignorez-les dans votre lit conjugal et, si c’est nécessaire, corrigez-les. Mais dès qu’elles redeviennent raisonnables, ne leur cherchez plus querelle. Dieu est le Maître Souverain.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 34 de la sourate N°4 ‘Les Femmes’.

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En lisant ce verset, nous constatons premièrement que nous sommes dans un contexte de désobéissance de la part de la femme et que l’injonction de les corriger est donnée uniquement qu’en dernier recours si certaines mesures prises auparavant n’ont pas été effectives. Il ne s’agit donc pas d’un ordre de frapper n’importe quelle femme sans raison, comme pourrait le laisser entendre les critiques de l’Islam, car nous sommes ici dans un contexte bien précis. L’écrivain et théologien Chris T.R. Hewer dit à ce sujet :

On fait souvent référence au verset du Coran qui laisse apparaître qu’un mari peut battre sa femme. (Sourate 4, Verset 34). Le contexte ici est un contexte de Nushuz, une violation des droits de la part de la femme religieuse. Ce verset du Coran énonce quatre mesures à prendre, qui peut être vu comme une correction et une limitation des pratiques pré-islamiques.

Chris T.R. Hewer Understanding Islam: The First Ten Steps, p.130.

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Lorsqu’un mari constate donc que sa femme a un comportement qui n’est pas correct, le Coran lui ordonne dans un premier temps d’essayer de la dissuader avec la parole, (et ceci doit se faire d’une manière gentille et douce). Si cette mesure de dissuasion échoue, alors le Coran ordonne au mari ensuite de les ignorer du lit conjugal, c’est à dire de ne pas avoir de rapports avec elles.

Si cette dernière mesure échoue, alors seulement maintenant le Coran donne le droit au mari de corriger sa femme. Mais cette correction physique n’est absolument pas comme le laisse penser les critiques de l’Islam. Le Grand imam et savant Abdesalam Bourjis dit à ce propos :

Est-ce que la signification de “frappez-les” dans ce verset signifie d’insulter ou de faire du mal à la femme ? l’Islam ne souhaite pas cela et n’est pas satisfait de cela. Toutefois, cette question de frapper sa femme est quelque chose que les non-musulmans ont utilisé afin de nuire à l’image de l’Islam et du Saint Coran. Le battement Divinement légiféré ici n’est absolument pas le même coup que les gens imaginent immédiatement comme le coup d’un tueur, une raclée sanglante ou même une raclée qui fait mal.

AbdusSalam Bourjis Lecture sur les violences domestiques, Mosquée Ibn Taïmiyah de Londres, 2003.

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En effet, bien que le Coran utilise le verbe “Frapper”, le prophète Mohammed a précisé son sens dans plusieurs paroles en expliquant qu’il s’agissait d’une tape qui se doit d’être donnée sans violence, qui ne doit pas faire mal à la femme, pas laisser de trace et pas être portée au visage. Le professeur d’études orientales John Esposito confirme cela en disant :

Dans les principaux recueils de hadiths (narrations du prophète), les hadiths concernant ce sujet soulignent tous que le coup doit être porté d’une manière à ne pas causer de la douleur ou de préjudice. Ces sources soulignent que dans les cas où un coup unique est utilisé, il devrait être purement symbolique.

John L. Esposito What Everyone Needs to Know about Islam, p.107.

Par exemple, dans une parole prononçée par le prophète Mohammed lors de son pèlerinage d’adieu, le terme utilisé par le prophète pour préciser la nature de la tape est غَيْرَ مُبَرِّحٍ (ghayra mubarrih) qui signifie “sans violence” ou “sans sévérité”.

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Interrogé sur le sens de ce terme et donc d’une tape sans violence, le compagnon Abdoullah ibn Abbas répondit en disant qu’il s’agissait par exemple d’une tape émise avec un siwak, qui est une petite branche d’arbre reconnu pour ses bienfaits bucco-dentaire. Donc est-ce que la tape doit être faite avec une barre de fer, un gant de boxe ou un coup de point violent comme aimerait vous faire croire les critiques de l’Islam ? La réalité, d’après la bonne compréhension de l’Islam qui est celle des premières générations de musulmans (Nous verrons pourquoi dans le 4e chapitre du livre Raisonne dans un sous-chapitre très important sur les sectes dans l’Islam), est que cette tape doit être émise avec un petite bout de bois ou quelque chose d’équivalent. Chris T.R. Hewer dit à ce sujet :

Seulement si cela échoue à changer ses manières (les mesures citées précédemment par le Coran), alors il lui est permis une sorte d’humiliation symbolique en la frappant avec son miswak, un morceau de bois plus petit qu’un crayon, dont le bout est utilisé pour le brossage des dents. Même cela est considéré comme inopportun dans certaines écoles de l’Islam, et toute forme de cruauté, y compris la violence verbale, est unanimement interdit.

Chris T.R. Hewer Understanding Islam: The First Ten Steps, p.130.

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En connaissant donc la bonne compréhension et interprétation de ce verset coranique, on pourrait traduire le passage “frappez-les” par “donnez leur une tape légère”. De plus, lorsqu’on sait que cela est une mesure à prendre en dernier recours et qu’il s’agit d’une simple tape sans violence qui ne doit ni laisser de trace et ni faire mal, est-il vraiment raisonnable de penser que le Coran appelle à la violence envers les femmes ? Le professeur d’études religieuses Ira Gilbert Zepp dit à ce sujet :

Frapper votre femme au visage et d’autres formes de cruauté verbale et physique n’ont aucune approbation dans le Coran.

Ira Gilbert Zepp A Muslim Primer, p.127-128.

Comment est-ce possible de croire que le Coran encourage la violence envers les femmes lorsqu’on lit au verset 19 de la sourate “Les femmes” :

Entretenez de bons rapports avec vos femmes ; et si vous avez quelque aversion pour certaines d’entre elles, sachez que l’on peut avoir parfois de l’aversion pour une chose qui peut cependant être pour vous la source d’un grand bonheur.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 19 de la sourate N°4 ‘Les Femmes’.

John Esposito confirme que le Coran enjoint uniquement de la bonté envers les femmes :

Dans certaines sociétés musulmanes, les hommes utilisent le Coran pour justifier la violence domestique. Cependant, de nombreux versets du Coran enseignent que les hommes et les femmes doivent avoir un bon comportement entre eux et se soutenir mutuellement. L’amour et la justice dans les relations familiales sont soulignés, et la cruauté est interdite. Au verset 21 de la sourate 30, on lit par exemple : “Et parmi Ses signes Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l’affection et de la bonté. Il y a en cela des signes pour des gens qui raisonnent”.

John L. Esposito What Everyone Needs to Know about Islam, p.105.

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Le fait que certains musulmans utilisent le Coran pour justifier la violence envers le femme, comme le déclare John Esposito, ne prouve rien du tout. Car encore une fois, il ne faut jamais faire d’amalgames entre le comportement de certains musulmans et les vrais enseignements de l’Islam. D’ailleurs, le modèle à suivre pour tous les musulmans est le prophète Mohammed et Aïcha, l’une de ses femmes, rapporte elle-même que le prophète Mohammed n’a jamais frappé une femme :

Le Messager de Dieu n’a jamais frappé quelqu’un avec sa main, ni une femme, ni un serviteur, mais seulement dans le cas où il a combattu pour la cause de Dieu et Il ne s’est jamais vengé excepté lorsque les lois de Dieu étaient transgressées. Dès lors, il se vengeait pour Dieu, exalté soit-Il.

Aïcha Authentique de Mouslim, narration N°2328 a.

Malgré cette parole très explicite d’une des femmes du prophète, Les détracteurs de l’Islam qui veulent salir son image l’ont accusé de battre sa femme Aïsha. Comme preuve, ils citent une narration dans laquelle Aïcha elle-même rapporte qu’un jour le prophète “me frappa à la poitrine, ce qui me fit mal”. (Voir la narration N°974 b dans le recueil authentique de l’imam Muslim).

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Premièrement, cette traduction n’est pas correcte. En effet, le traducteur britannique du 19e siècle Edward William Lane explique dans son dictionnaire arabe-anglais que le terme “Lahada”, traduit ici par frapper, signifie en réalité “Pousser”. Ceci est aussi confirmé par l’Imâm An-Nawawî, l’un des grands imams musulman du 13e siècle, dans son commentaire de cette narration. La traduction correcte est donc “Poussa ma poitrine (avec la paume de sa main), ce qui me fit mal”.

Deuxièmement, si l’on replace cette phrase dans son contexte, il devient clair que le prophète Mohammed n’a pas poussé Aïcha dans le but de la frapper mais plutôt pour enlever des doutes et des suspicions de son coeur.

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En effet, on apprend dans cette narration que le prophète Mohammed était parti en pleine nuit pour aller prier mais n’avait pas informer Aïcha car il ne souhaitait pas la réveiller. Du coup Aïcha s’était douté de quelque chose et l’avait suivi pour voir ce qu’il faisait. Par la suite, Aïcha est revenu en courant à la maison afin de revenir avant le prophète pour qu’il ne se doute de rien.

La voyant ensuite essouflé, le prophète Mohammed se douta de quelque chose et Aïcha lui raconta alors toute l’histoire. En sachant cela, c’est à ce moment là qu’il poussa sa poitrine avec sa main et lui dit juste après : “Penses-tu que Dieu et Son messager ne vont pas être juste avec toi ?”

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On s’apercçoit donc que le prophète Mohammed poussa Aïcha lorsqu’il s’aperçu qu’elle avait des mauvaises pensées en pensant qu’on était peut être pas juste avec elle. et donc cette interprétation de dire que le prophète Mohammed n’a pas poussé Aïcha dans le but de la frapper mais plutôt pour enlever des doutes et des suspicions de son coeur s’accorde parfaitenement avec le contexte.

De plus, cette interprétation est aussi renforcée par plusieurs autres narrations dans lesquelles le prophète Mohammed poussa la poitrine de certains compagnons dans ce même but. On peut donc facilement conclure que par ce mouvement, le prophète avait peut être, par la permission de Dieu, le pouvoir de chasser les mauvaises pensées. Le compagnon Oubay ibn Ka’b rapporte par exemple que :

Quand le Messager de Dieu a vu comment j’étais affecté par une mauvaise pensée, il poussa ma poitrine avec sa main…

Oubay ibn Ka’b Authentique de Mouslim, narration N°820 a.

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Troisièmement, Le fait qu’Aïcha ait eu mal n’implique pas nécessairement que la poussée ait été violente car selon les médecins, lorsqu’une personne est essouflée et que son rythme cardiaque ainsi que sa pression artérielle augmente, une simple tape sur sa poitrine peut engendrer de la douleur.

Quatrièmement, le fait qu’Aïcha ait rapporté que le prophète Mohammed n’a jamais frappé une femme est une preuve de plus que cette interprétation donnée ci-dessus est certainement la bonne. John Esposito confirme d’ailleurs qu’il n’existe aucune preuve du prophète Mohammed ayant un mauvais comportement avec ses femmes :

Ni le Coran, ni les narrations du prophète Mohammed mentionnent une maltraitance ou du perte de sang-froid de sa part envers une de ses épouses, même quand il était malheureux ou insatisfait.

John L. Esposito What Everyone Needs to Know about Islam, p.105.

Et comment serait-il possible de croire que le prophète Mohammed a incité à la violence envers les femmes ou bien était lui-même violent envers ses femmes alors qu’il a clairement dit que les meilleurs des musulmans était ceux qui agissent de la meilleure manière avec leurs femmes ?

Le croyant à la foi la plus complète est celui doté des plus nobles caractères. Et les meilleurs d’entre vous sont ceux qui se comportent de la meilleure façon envers leurs femmes.

Prophète Mohammed Recueil d’At-Tirmidhi, Narration n°1162.

2.4.9 : Conclusion

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En conclusion, les attaques qui sont faites sur le prophète Mohammed ne sont pas quelque chose de nouveau. En réalité, tous les prophètes que Dieu a envoyé avant lui ont eux aussi été moqués et ridiculisés. Dieu dit dans le Coran, d’après la traduction du sens :

Et Nous avons déjà, avant toi, envoyé des messagers aux peuples anciens ; mais aucun messager ne s’est présenté à eux sans qu’ils l’aient tourné en dérision.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens des versets 10 et 11 de la Sourate N°15 ‘Al-Hijr’.

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On se moqua par exemple de Moîse en disant qu’il ne savait même pas s’exprimer (Voir Coran Sourate 43, v.52) ou qu’il était fou (Voir Coran Sourate 26, V.27), on accusa Jésus d’être un sorcier malgré les preuves évidentes (Voir Coran Sourate 61, V.6), on se moqua de Noé en accusant ses suiveurs d’être la lie du peuple (Voir Coran Sourate 26, V.111) ou pendant qu’il était en train de construire l’arche. Dieu dit dans le Coran, d’après la traduction du sens :

Noé entreprit la construction de l’arche ; et chaque fois que les grands de son peuple passaient, ils se moquaient de lui. “Si vous vous moquez de nous aujourd’hui, leur disait Noé, nous nous moquerons bientôt de vous à notre tour”.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 38 de la Sourate N°11 ‘Houd’.

Ses attaques émises sur le dernier des messagers que Dieu a envoyé à l’humanité n’ont donc rien de nouveau. D’ailleurs, elles ne devraient normalement surprendre aucun musulman car Dieu dit dans le Coran, d’après la traduction du sens :

Vous entendrez bien des injures de la part de ceux qui ont reçu les Écritures avant vous, et de la part des idolâtres. Mais si vous êtes endurants et pieux, vous verrez alors que c’est bien là la meilleure résolution à prendre.

Le Saint Coran Traduction approximative du sens du verset 186 de la Sourate N°3 ‘La Famille d’Imran’.

Concernant ces attaques et ces critiques à l’encontre du prophète Mohammed, nous pouvons les classer en deux catégories :

  • 1) Des fabrications mensongères sans aucune source ni fondement : Par exemple la mort du prophète en l’an 666 ou dévoré par un troupeau de porcs ou encore le fait qu’il était une idole adorée par les musulmans.
  • 2) Des vérités déformées : Par exemple l’exécution des Juifs de la tribu Qouraïtha, le mariage avec Aïcha et Zaïneb ou encore le fait que le prophète Mohammed fut un guerrier barbare.

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Les critiques de l’Islam pensent nuire à l’image du prophète Mohammed avec toutes leurs accusations alors qu’en réalité elles ne nuisent qu’à elles-mêmes. En effet, toute personne qui examine la biographie du dernier des prophètes d’une manière sincère et objective ne peut que se rendre compte que toutes les accusations faites contre lui sont mensongères ou déformées.

Thomas Carlyle disait d’ailleurs en parlant du prophète Mohammed :

Les mensonges entassés autour de cet homme qui ont été perpétrés avec un entrain bien intentionné ne déshonorent que nous.

Thomas Carlyle On Heroes, Hero-worship and the Heroic in History, p.53.

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Concernant le Coran, Ce qui illustre peut-être le mieux aujourd’hui que les attaques faites à son encontre ne sont pas crédibles est l’histoire du politicien néerlandais Arnoud van Doorn. Alors qu’il était membre du parti pour la Liberté, un parti d’extrême droite néerlandais très réputé pour sa politique anti Islam, Arnoud van Doorn se convertit à l’Islam en 2012 (sa déclaration publique fut en 2013). Dans un article intitulé “L’élu d’extrême-droite devient musulman”, la journaliste d’Europe 1, Anne-Julie Contenay, déclare à ce sujet :

“Nouveau départ”. C’est par cette formule laconique qu’Arnoud van Doorn, un ancien élu d’extrême-droite néerlandais, a annoncé sur Twitter sa conversion à l’islam. Un choix pour le moins étonnant venant d’un homme réputé très proche de l’ultranationaliste Geert Wilders, président du Parti de la liberté (PVV), et qui fut un temps vice-président de ce parti au conseil municipal de La Haye.

Europe 1 L’élu d’extrême-droite devient musulman, 11 mars 2013.

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Lorsque Arnoud van Doorn se mit à lire la traduction néerlandaise du noble Coran avec l’intention de découvrir la vérité sur l’Islam, sa perception changea radicalement. Il comprit que toutes ses anciennes vues précédentes, principalement que l’Islam est une religion misogyne, barbare et dangereuse pour l’Occident, étaient erronées. Lors d’une conférence, il déclara à ce sujet :

J’ai commencé à lire (le Coran) et mes doutes devenaient de plus en plus fort (ses doutes qu’il avait des fausses notions sur L’Islam) et plus je lisais, plus je parlais à l’imam, plus je parlais à d’autres musulmans, plus c’est devenu clair pour moi que j’avais tort, que mon parti avait tort, que Geert Wilders avait tort, que la plupart des personnes, des médias et des politiciens de l’Occident avaient tort au sujet de l’Islam.

Arnoud van Doorn Lecture donnée aux îles Maldives, 20 Février 2015.
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